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« Défense de circuler sous la charge.
» A lancienne usine Métalu de Loos, voilà
quelques années quon se moque des panneaux de sécurité.
Lentreprise a cessé ses activités de constructions
métalliques en 1997 pour laisser place à un tout autre
univers : celui des Métalu « nouvelle vague ».
Le site héberge aujourdhui un collectif dartistes.
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Une cour, un bureau, un jardin, des ateliers,
une cuisine, un chat et trois poules
A quelques pas
du métro CHR-Oscar Lambret, des artistes à la
recherche de calme et despace occupent un lieu hors-normes.
La compagnie de théâtre de rue H.A.U.T. (lire
« à chahuter ») a été la
première à investir les lieux en 1999, lorsque
la friche, achetée par deux architectes lillois, leur
a été louée. Face à létendue
des réparations et des frais, ces premiers locataires
ont cherché des partenaires. Plusieurs associations
et des artistes se sont alors greffés sur le projet
et, en septembre 2000, ils ont créé lassociation
« Métalu » (du nom de lusine) pour
coordonner les activités du lieu. Eric, la quarantaine,
est à lorigine de cette initiative. Régisseur
de spectacles vivants, il voulait se défaire du carcan
institutionnel.
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Un espace de création
Cette ancienne friche, de plus
de 3000 m2, offre aux artistes qui le souhaitent lopportunité
davoir un espace pour créer à leur guise objets,
spectacles et décors. Moyennant une petite participation
aux frais, chacun peut travailler comme il lentend. «
Nos activités sont de deux ordres, affirme Eric. Il
y a dabord laccueil dartistes ou de compagnies.
On leur prête des locaux pendant un mois pour faire une décoration
ou pour répéter. Ensuite, il y a lorganisation
de manifestations destinées au public. » Cependant
il précise que Métalu nest pas un lieu de «
diffusion », du moins ce nest pas son objectif principal
: la friche est avant tout un lieu de conception. Et les lieux trahissent
cet état de fait.

La caverne d'Ali Baba
Le hangar réservé
aux fêtes (ci-dessus) et aux diverses manifestations est une
caverne dAli Baba grandeur nature : on y trouve, pêle-mêle,
un « projet de maquette de sous-marin » qui trône
sur une table, un bar, au-dessus duquel sont suspendus un parapluie,
des mobiles, ainsi que des objets indescriptibles. Certains pans
de murs ont été remplacés par une bâche
en plastique, permettant une ouverture directe sur le jardin
Au centre de cet espace ouvert aux quatre vents, un immense foyer
permet de faire des grillades les jours de fête. De vieux
canapés se répartissent anarchiquement, un four est
posé sur le passage et paraît hors détat
de fonctionner. Le lieu semble irréel.

La visite continue avec une succession
dentrepôts où toute une série dobjets
sont enchevêtrés les uns aux autres : armoires, sommiers,
moteurs, planches de bois
Il ne faut cependant pas se fier
à cette impression de joyeuse pagaille : ici, chaque compagnie
ou artiste a son espace propre. Voilà la travée réservée
à H.A.U.T., ici cest celle des Métalu
Deux compagnies de passage ont déposé leur matériel
au centre du hangar. Tout au fond, derrière une porte coulissante
à la vitre brisée, Géranium (de son surnom)
invente ce quil appelle des « clutes »,
des « machines à faire du son ». Construites
avec du matériel récupéré, elles crissent,
cliquettent et
font de la musique. De vieux abat-jour, une
chaîne de vélo, des clous et du fil de pêche
suffisent, par un mécanisme ingénieux, à obtenir
différentes tonalités. En frottant le fil de pêche,
chaque clou apporte sa note de gaieté

Une des nombreuses "clutes"
de Géranium
Pour les curieux, lassociation
ouvrira son lourd portail vert lors de la Fête du Printemps,
les 3 et 4 mai. Loccasion de découvrir ce « cocon
» artistique, niché en pleine ville.
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