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*Eau douce
Eau qui ne contient pas de sel, par opposition à l'eau de mer.
*Aquifère
Un aquifère est une formation souterraine de roches perméables ou de sédiments qui renferme assez d'eau pour alimenter des puits.
Il en existe une grande variété géologique. Pour simplifier, on les distingue en milieux poreux et aquifères fissurés. |
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De l'eau douce jaillit au fond des océans. Une société a mis au point une technique pour la capter. |
| Vous nagez tranquillement sous l'eau, les dents serrées sur le détendeur. Seul l'air comprimé que vous crachez à gros bouillons trouble le monde du silence. Soudain une apparition : une grande corolle blanche flotte entre deux eaux. Une méduse géante ? Le parachute de Saint-Exupéry ? Non, il s'agit seulement d'une Nymphéa, une cloche de captage d'eau douce*. |
| A l'avenir, ce genre de " rencontre " sera peut-être monnaie courante pour les amateurs de plongée. En effet, Géocéan Solmarine, une entreprise de travaux sous-marins, ambitionne de capturer une partie des millions de mètres cubes d'eau douce qui jaillissent au fond des océans. Nymphéa est une demi-sphère de plusieurs mètres de diamètre amarrée au fond et gonflée par les remontées d'eau. Un manchon souple fait office de cheminée et guide le précieux liquide depuis sa source jusqu'au sommet de la cloche. En remplissant la demi-sphère, l'eau douce chasse l'eau de mer vers le bas. Il suffit |
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| d'installer une simple pompe sur le sommet de la cloche pour remplir un réservoir en surface ou acheminer l'eau jusqu'à la côte. |
-------- eau douce
-------- eau de mer |
De l'eau douce au fond des océans
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| Il y a donc des sources d'eau douce au fond des océans ! Comme l'eau des sources terrestres, l'eau des sources sous-marines suit un trajet complexe. Elle tire son origine d'un aquifère* situé dans le sous-sol des terres émergées. Puis, selon un jeu savant de forces et de pressions dans lequel domine la gravité, elle s'écoule le long d'un réseau de canaux souterrains. Parfois, l'un de ces boyaux l'achemine à travers le plateau continental (cf schéma) sous le plancher marin. Lorsqu'elle jaillit, elle est à une distance très variable de la côte. Cette résurgence se situe à une profondeur comprise entre quelques mètres et près de 200 mètres sous la surface de l'eau (les spécialistes de Géocéan Solmarine n'ont jamais trouvé de source sous-marine en dessous de 183 mètres). |
| Néanmoins, si l'eau douce du fond des mers provient d'un aquifère terrestre -comme " l'eau de source traditionnelle "-, pourquoi essayer de la capter au large plutôt que sur la terre ferme? |
Pomper à terre ou en mer ?
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| Dans les pays chauds, la principale façon d'obtenir de l'eau est d'essayer de repérer un aquifère puis de creuser, à la recherche d'une veine d'où l'eau remontera. Mais ces forages coûtent cher et l'aquifère peut rester introuvable.
La détection des sources sous-marines est plus aisée. En été, l'eau douce est plus froide que l'eau de mer. C'est le contraire en hiver. Une méthode courante est donc la photographie aérienne à infrarouge.
Puisque c'est la quantité de sel qui différencie l'eau de mer et l'eau douce, on peut aussi remorquer une sonde de salinité à l'arrière d'un bateau. Mais cette méthode est moins prisée car elle est peu sensible.
Bientôt, de nouvelles techniques pourraient révéler les différences de densité des masses d'eau.Des résurgences d'eau douce sont localisées dans presque toutes les mers du globe.
Autre avantage, l'eau des sources sous-marines jaillit naturellement, à des débits compris entre zéro et cent mètres cubes par seconde. En plus, comme sa densité est inférieure à celle de l'eau de mer (environ 1000 g/l contre 1027 g/l), l'eau douce s'élève, en de larges volutes, pour se fondre dans l'eau salée. Nécessitant moins d'énergie pour être pompée, elle s'offre à qui saura la retenir. Pour l'instant, le captage à l'aide d'une cloche qui se gonfle comme une montgolfière semble le moyen le plus ingénieux. Mais de nouveaux procédés, encore secrets, sont sur le point d'être brevetés. |
Dans un pays comme la France, où les ressources en eau abondent, l'intérêt de ces captages est faible. Dans les régions arides, ils ne seront jamais la solution miracle aux problèmes de sécheresse. Par exemple, à Gaza, en Palestine, l'aquifère a été surexploité. Au point d'être infiltré d'eau de mer.
Or récupérer l'eau d'une source sous-marine, c'est comme récupérer l'eau d'un robinet. L'eau du robinet vient d'un chateau d'eau qui l'envoie avec une pression suffisante pour parcourir les canalisations. L'aquifère est le chateau d'eau de la source : la masse d'eau en amont est si importante que la résurgence en aval a assez de force pour vaincre la colonne d'eau de mer. A Gaza, l'aquifère ne contient plus assez d'eau. Un système de captage placé au-dessus d'une source sous-marine recueillerait, au mieux, aussi de l'eau salée, au pire, rien du tout !
Mais tous les pays chauds ne connaissent pas ces situations extrêmes. Les concepteurs de Nymphéa sont donc sont en train d'évaluer quelles applications sont réellement envisageables. Cette phase de développement industriel sera peut-être moins poétique que ces grands parachutes sous-marins. |
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