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juin 2000 |
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Ça ne coule pas de source
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Une nouvelle vie pour Chungungo
Là où poussent les forêts de nuages Si la capture de l'eau du brouillard par des filets à nuages est une technologie récente, l'idée n'est pas nouvelle. Depuis longtemps, de nombreuses populations nomades d'Afrique, ainsi que des villageois andins, capturent l'eau en utilisant la végétation. La récolte de rosée ou de l'eau piégée par les forêts existait bien avant que les scientifiques ne se penchent sur la question. Dans certains endroits, principalement en altitude, le captage des gouttes de brouillard par la végétation contribue même à alimenter les aquifères* souterrains, et ceci, en l'absence de précipitations. Dans les régions tropicales humides, on appelle ces zones "forêts de nuages", car le brouillard y est constitué de nuages qui se déplacent juste au-dessus du sol. En l'absence de végétation, dans les régions désertiques, comme à Chungungo, les gouttelettes de ces brouillards persistants sont normalement emportées par le vent et ne font que passer au-dessus du paysage, sans jamais l'irriguer.
A Chungungo, depuis 1992, les camanchacas, ces brumes typiques du Nord du Chili, ne sont plus aussi avares de leur eau précieuse. Avant de s'enfuir, elles se perdent un peu dans les mailles des filets de polypropylène construits par le Service des forêts du Chili (CONAF) avec le financement du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), basé au Canada. Chacun de ces filets s'élêve à 4 mètres de hauteur sur une longueur de 12 mètres. Aujourd'hui, les 100 collecteurs installés représentent 5000 m2 de mailles. Là, la brume se dépose en gouttelettes qui ruissellent dans des gouttières, s'écoulent dans des tuyauteries et pour finir sont recueillies dans une citerne du village.
Nicolas Kuhn
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