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Deux pratiques, deux générations Le multicolore, roulette du peuple A la loterie, l'état gagne à tous les coups Le vendredi 13 de la Française des Jeux Des «passeport» en vente libre |
Thérapie psychiatrique ou chimique : le problème de la dépendance aux jeux d'argent est abordé selon deux angles différents par le corps médical. Mais ils ont un point commun, du moins en France : le manque de moyens.
La méthode cognitivo-comportementale «On ne peut pas maîtriser le hasard !» Voilà le message que le Dr Bistagnin répète à la plupart des joueurs compulsifs qui poussent la porte de son cabinet. «Il s'agit surtout d'essayer de les faire décrocher de leurs illusions de contrôle et de leurs fausses méthodes scientifiques de gain», souligne-t-il. Dans ce but, il utilise une méthode mise au point au Québec par le docteur Ladouceur. En une dizaine de séances, cette thérapie comportementale et cognitive tente de ramener les patients à la raison. «Grâce à une politique d'information sur le jeu, nous tentons de leurs montrer que les tours sont indépendants et que l'issue du jeu est entièrement aléatoire», explique le Dr Bistagnin. Ouverte en juin 2002 à l'hôpital de Nice, cette consultation ne désemplit pas. Après une année d'activité, les premiers bilans sont pourtant mitigés : seul un tiers des patients sort visiblement guéri ; un autre tiers se montre plus responsable mais ne s'avoue pas sevré. Quant au dernier tiers, la pulsion du jeu ne les a pas encore abandonnés...
Parmi les rares chercheurs qui se sont penchés sur ce sujet figure le Dr Moskowitz. Au début des années 80, il a détecté une atténuation des symptômes en expérimentant des médicaments à base de lithium. Censé réduire l'impulsivité et stabiliser l'humeur, le lithium réduit en fait le «frisson» associé au jeu. Mais de nombreux effets indésirables limitent encore son utilisation. Une autre piste a été creusée par plusieurs équipes : les antidépresseurs, qui agissent sur les synapses (terminaisons nerveuses) à sérotonine.«Le comportement compulsif est parfois associé à une dépression, mais les antidépresseurs n'agissent que sur la dépression, ils ne donnent pas de résultats satisfaisants pour la dépendance au jeu», modère pourtant le Dr Bistagnin, psychologue à l'hôpital de Nice. Le joueur compulsif ne dispose donc toujours pas de médicaments efficaces pour lutter contre son addiction. Caroline BESNIER |
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