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En jeu de société

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Jeux pour riches

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Quand le hasard «dope» les neurones

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Traitement des ludopathes

Le hasard pour mieux grandir

 
Jeux pour riches

Certains jeux de hasard ont gardé un parfum de salons privés, réservés aux classes sociales aisées. Pour humer cette fragrance, il suffit de se rendre aux tables de jeu du casino de Deauville. Velours, dorures, et un zeste de rococo font partie de cette ambiance élitiste. À quelques mètres de là, l’autochtone normand valide son ticket de loto dans un bar PMU. Le hasard aurait-il plusieurs facettes ?

« Le tricheur à l’as de carreau » de Georges de la Tour. Les privilégiés jouent et se jouent du hasard.

Jeux de bonne société

Par les interdits de l’Église ou la volonté de l’État, la règle qui présidera du Moyen Âge à la Révolution sera l’interdiction des jeux de hasard, mais surtout pour le peuple. Offense à Dieu pour les théologiens, ruine programmée de la classe populaire pour l’État, ils furent pourtant le passe-temps favori des nobles de la cour et des rois : brelans sous Henri III, jeux de dés à la cour de Henri IV, roulette dans les salons de Louis XIV et même tripots sous Louis XV ! Sans doute est-il plus facile d’aménager pour soi les lois que l’on édicte, surtout si cela peut permettre, à l’occasion de loteries bienvenues, de renflouer les caisses de l’État.

Tradition romaine

De manière générale, la réglementation des jeux de hasard visera toujours à empêcher le quidam de se prendre au jeu. Ce n’est qu’à partir de 1907 que la législation française autorise les casinos dans les stations thermales. Cette restriction implique, de fait, une sélection des personnes pouvant accéder à ces établissements. Sans doute un héritage de l’époque romaine, où les villes d’eaux attiraient les riches, non seulement pour leurs bienfaits supposés, mais aussi pour les jeux qui commençaient à s’y développer.

Fracture ludique

Aujourd’hui, même si, avec l’introduction des machines à sous, les casinos ont tendance à se démocratiser, l’accès à la table de roulette reste subordonné — par l’État — au paiement d’un timbre fiscal de 10 €. Les jeux de tables restent le territoire du jeu social, où l’on joue autant pour gagner que pour montrer que l’on a les moyens de perdre. La position sociale s’évalue, entre deux cocktails, par le degré de désinvolture avec lequel l’on confie ses piles de jetons à la décision du sort.

Le jeu de hasard a donc, encore aujourd’hui, des formes plus démocratiques que d’autres, sans doute héritées de l’histoire. Quoi qu’il en soit, tout un chacun peut bien s’offrir un frisson en achetant un jeu à gratter au bureau de tabac du coin. Qui sait si le gain récolté en grattant ne permettra pas, un jour, d’avoir les moyens de miser gros… au casino de Deauville…

Hervé QUAGHEBEUR

 

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