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Deux pratiques, deux générations Le multicolore, roulette du peuple A la loterie, l'état gagne à tous les coups Le vendredi 13 de la Française des Jeux Des «passeport» en vente libre |
LÉtat français nhésite pas à endosser le gilet de croupier pour empocher jusquà 80 % des gains des casinos, tout en encaissant les dividendes de la Française des Jeux, dont il est lactionnaire principal. Alors quil semploie à limiter loffre de jeux pour raisons morales, lÉtat a intérêt à ménager la croissance du secteur pour éviter de tarir une source de recettes insoupçonnées. Une contradiction interne à rapprocher des politiques en matière de tabac et dalcool, tiraillées entre prohibition, exceptions surtaxées et monopole.
Mais la profession reste la plus contrôlée de France, aux dires des Renseignements généraux (RG). Chargée du respect de la morale publique, la Commission supérieure des jeux freine les demandes de création de casinos ou daugmentation du nombre de machines à sous (MAS), mettant jusquà un an pour rendre un avis. Les RG surveillent le personnel, lambiance, la régularité du matériel, les interdits de jeux. Le ministère des Finances vérifie les caisses et la comptabilité, une vigilance nécessaire au vu de limportance des flux dargent et de labsence de factures. De largent et cest tout Mais cest la fiscalité qui porte à son comble la complexité et les paradoxes du système, déjà pointés du doigt par la Cour des Comptes et le Sénat dans deux rapports remarqués. En plus des impôts «classiques» sur les entreprises, pas moins dune dizaine de prélèvements différents concernent les casinos, dont les recettes ont progressé de 14 % entre 1999 et 2000. Une tendance qui va saccentuer avec la décision, le 1er mai 2002, de taxer les machines à sous sur leur bénéfice réel : auparavant le bénéfice théorique calculé supposait que chaque joueur misait le maximum à chaque fois, cest-à-dire trois pièces sur un tour au lieu dune. Le différentiel formait donc jusquen 2002 une «cagnotte» non imposable... Daprès François Trucy, rapporteur au Sénat en 2001, «cette politique de restriction a pour effet la sous-exploitation dune activité économique créatrice de valeurs, tout en favorisant la multiplication de jeux clandestins. LÉtat croupier méprise le consommateur en le privant dune partie de loffre et en occultant le problème des joueurs dépendants, peu étudié et pas vraiment traité.» Interrogés sur le sujet, les services concernés des ministres de lIntérieur et des Finances nont pas été autorisés à sexprimer... Raquel HADIDA |
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