La nouvelle colonisation américaine

   

Avec son corps vert olive, sa carapace zébrée de lignes jaunes et noires et sa taille inférieure à celle d'une pièce de cinq francs, la jeune Trachemys scripta elegans, plus connue sous le nom de tortue de Floride, est très attendrisssante. Un parfait petit animal domestique pour la famille.

 

Retour à la nature

Voilà donc notre petite tortue de Floride, plus habituée aux marécages de l'est des États-Unis, qui se retrouve à barboter dans un aquarium. Et puis, centimètre après centimètre, la jeune tortue grandit, elle commence à être à l'étroit dans l'aquarium. Et puis les enfants se lassent... Et puis les vacances approchent... Alors la famille lâche la tortue dans la nature, dans la rivière voisine. Le reptile retourne à l'état sauvage. Et s'y sent plutôt bien, d'ailleurs. Le gentil petit animal domestique est devenu une grosse bête sauvage pouvant atteindre 20 kilos. Agressive et vorace, elle ne connait pas de prédateurs naturels.
Des centaines de milliers de tortues de Floride se sont ainsi retrouvées dans nos cours d'eau, provoquant un déséquilibre de l'écosystème des rivières. Leur présence menace même sa soeur européenne, la cistude, notre tortue d'eau douce locale, classée espèce protégée.

Vers l'éradication

Devant cette nouvelle colonisation américaine, la communauté européenne a tenté de réagir. En décembre 1997, elle en interdit l'importation, et donc la vente, une fois le stock des animaleries épuisé. Le reptile est maintenant considéré « non pas comme une espèce menacée, mais comme une espèce menaçante ». La « Floride » ne sera plus présente sur le sol français. Sauf dans nos rivières...

 

Hervé Poirier

 


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