Du cul, du cul, du cul
Du cul,
du cul,
du cul...


Vous avez dit aphrodisiaque ?

Y a-t-il une vie avant le Viagra ?


De l'urgence de l'amour

Quand une nuit d'amour finit à l'hôpital


J'échange ma femme contre la tienne

L'échangisme vu de l'intérieur (à venir)


 


Retour page d'accueil

 

Echappée en échoppes roses

Le secteur coquin a presque doublé en l'espace d'un an à Avignon. Les sex-shops dérangent, font sourire. Mais continuent à fleurir. Rencontre avec trois gérants qui ont fait du sexe leur gagne-pain. Une poule aux oeufs d'or ?

Pascal Largeron

sexshop

Des devantures variées pour une vision différente du métier. L'un a gardé le rose traditionnel, les néons bleus et un épais rideau devant la porte. L'autre a choisi le jaune, plus dynamique et moins obscur. Le dernier va commencer ses travaux : la façade sera bleu lavande, pour se fondre dans les couleurs de la région. Le commerce encanaillé n'est plus uniforme. Et pour cause : la concurrence se fait rude. La cité des papes ne compte pas moins de huit établissements. Se distinguer du voisin devient une nécessité.Finie l'époque où les quartiers extra-muros jouaient les petits Pigalle en solitaire. Les fantasmes ne se cachent plus. Tout au plus derrière une vitrine que la loi oblige toujours à être opaque. A l'intérieur, chaque échoppe a sa propre recette pour fidéliser la clientèle.

Poupées gonflables à gogo

Une cible pour fléchettes entre deux rayonnages. Le client qui envoie le projectile sur le jaune gagne une remise de 20% sur ses achats en caisse. Pas un pub irlandais, mais bien un sex-shop nouvelle génération. En ouvrant juste avant l'été, François et son associé ont joué la carte de la discrétion, de la normalité : «Il n'est pas plus scandaleux de vendre des articles érotiques que des chaussures. On est resté sobre sur la façade. Du coup, le contact avec les voisins est bon.». Les notes échappées d'une radio FM rebondissent sur les murs clairs. Le soleil vient réchauffer quelques dessins humoristiques punaisés ça et là. «On a voulu dédramatiser ce type d'activité, montrer qu'il n'y a pas vice partout où il y a fantasme. Heureusement.», explique François, la trentaine décontractée. A l'aise pour expliquer que les cabines individuelles ont plus de succès le matin que le soir, que les filles sont les moins timides une fois le seuil franchi, que les plus âgés se dirigent plus volontiers vers les poupées gonflables que vers les cassettes. Selon lui l'émergence des chaînes câblées et de Canal Plus a vulgarisé l'érotisme. Dans quelques mois, quand son commerce aura pris son rythme de croisière, il pourra ou non le vérifier.

«La fin du petit commerce»

«Si ce business était magique, je serais millionnaire.» Christian a tranché. Il compte quitter la profession et revendre boutique. Depuis dix ans, il tient les rênes du Jardin secret, véritable institution érotique avignonnaise presque trentenaire. Dix ans à accueillir badauds et clients, aux côtés de sa femme. «Travailler en couple a été notre grande force, le contact était forcément plus facile.». Christian parle au passé de son échoppe rose à l'ambiance feutrée. Version claque début du siècle. Il n'est pas entré dans cette profession comme on entre en religion. Et mêle s'il parle de métier á part entière, il quittera son commerce sans regrets. «J'ai fait ce métier parce qu'il était lucratif. Il ne l'est plus. J'ai de gros doutes quand je vois fleurir les sex-shops dans la ville. C'est peut-être une très grosse erreur.» Ces dernières années, Christian a vu s'éloigner petit à petit la clientèle aisée qui venait de Gordes ou de Saint-Rémy . Même cause que pour les autres petits commerces : la désaffection du centre ville. Christian ne regrette pas son expérience : «quand on arrive à vendre un vibro-masseur, on peut tout vendre », lâche-t-il en réajustant son débardeur moulant, un sourire entendu. Il a juste envie de changer d'air.

«Trop de boutiques glauques et nauséabondes» 

C'est l'air d'Avignon que le dernier né des commerces érotiques compte changer.Marc - ou plutôt la société qui l'emploie - a racheté un vieux fond de commerce, un ancien sex-shop dans une rue que certains jugeront sordide. Lui, le Parisien, la trouve pittoresque. Bientôt la pancarte sex-shop tombera. A la place : Tip-Top, premier magasin pour adulte en Avignon. Fini le jaune criard ou le rose charmeur. La façade sera bleu lavande et discrète. Plus de panneaux racoleurs sur les gadgets ou les vidéos. Tout ceci est dépassé. «La clientèle a beaucoup changé. Elle devient très pointue et exige des produits précis, des films de qualité choisis sur catalogue. Plus des objets inutiles ou grossiers.» Avec un rien de condescendance dans la voix il lance : «les commerces érotiques de cette ville ont un relent des années soixante-dix. Ils sont glauques et nauséabonds. Sur huit établissements, au moins trois sont de trop. »Derrière leur vitrine, Marc, Christian et François attendent les clients. Un oeil sur le tiroir-caisse, l'autre sur la porte d'entrée. Des commerçants tristement comme les autres.

Retour au début de la page 

 

Les amours impossibles L'amour à tout âge Des amours pas très cathodiques Seul ! Love and thunes
Les amours impossibles L'amour à tout âge Des amours pas très cathodiques Seul ! Love and thunes