Quand la bière se fait mousser

Un verre légèrement incliné, brillant de son ultime rinçage. D'un geste vif, une main abaisse la manette cuivrée de la tireuse. Le liquide jaillit, s'écoulant, doré, le long de la paroi. Doucement, la main redresse le verre et la mousse, blanche et onctueuse, fait son apparition.

Ce sont les bulles de gaz qui, en remontant en surface, sont piégées dans le liquide et créent cette structure mousseuse humide et épaisse. Le gaz en question est le dioxyde de carbone (CO2) issu de la fermentation. Sauf pour certaines bières : la Guinness® doit la texture crémeuse de sa mousse en partie à l'ajout d'un autre gaz, l'azote.

L'empilement de bulles stables est le fruit de caractéristiques particulières de la bière : un taux d'alcool faible (4,5 à 6°) et une importante quantité de sucres et de protéines. Les protéines ont la propriété de se lier d'un côté à l'air et de l'autre à l'eau, elles se placent donc à l'interface eau/air et, liées entre elles, assurent une bonne cohésion des bulles.

Les sucres augmentent quant à eux la viscosité du liquide présent entre les bulles, qu'ils "collent" les unes aux autres. De même, les résines du houblon augmentent la résistance de la membrane des bulles et contribuent à stabiliser la mousse. Mais ce n'est pas tout, le degré d'alcool de la bière se place dans la fourchette de 3 à 10° où l'alcool perd son effet déstabilisant sur cette mousse.

Tout concourt donc à créer l'indispensable col blanc de trois à quatre centimètres de hauteur. Car l'importance de la mousse est une véritable affaire de goût : le col protège la bière de l'oxydation, permettant de sauvegarder toute sa saveur.

 

 

Il court, il court, le brasseur

Bien tirée

Histoire de bulles

Psschiitt

Et rot, et rot, petit alcoolo

 

 

"Bière qui mousse amasse la foule."

Claude Frisoni

 

 

 


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