Ferment-thé

Vert en Chine, noir en Europe, le thé se décline en couleurs selon les régions où il est consommé. Un hasard ? Pas tout à fait. La légende débute au fond d'une cale de bateau, entre l'Asie et l'Angleterre. Lors de ce voyage, les caisses de thé auraient fermenté, livrant à l'arrivée un thé noir, aux qualités gustatives appréciées.

Le procédé de fabrication du thé noir perpétue aujourd'hui cette découverte accidentelle. Tout y est fait pour favoriser l'action d'enzymes naturellement présentes dans les feuilles et responsables de la fermentation : les polyphénoloxydases. Les feuilles sont d'abord desséchées, lors du flétrissage. Puis vient le roulage. Les cellules végétales sont brisées et libérent les enzymes.

Les feuilles sont alors étendues dans une atmosphère atteignant 95 % d'humidité et une vingtaine de degrés. Des conditions optimales. Les enzymes s'en donnent alors à cœur joie, induisant une réaction entre l'oxygène de l'air et les composés phénoliques présents dans les feuilles. Il faut entre une et cinq heures pour que cette oxydation, appelée fermentation dans le procédé de fabrication, donne aux feuilles leur coloration brune caractéristique. Pour stopper la réaction, les feuilles sont brutalement portées à 90°C. Un coup de chaud auquel les enzymes ne résistent pas.

 

 

 

Il court, il court, le brasseur

Les tanins tempèrent la théine

Les vraies fausses idées du thé et du café

 

 

"Je sais maintenant pourquoi les Anglais boivent du thé : je viens de goûter leur café."

Pierre-Jean Vaillard

 

 

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