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Le
zinc qui n'en était pas
Familièrement, on l'appelle le zinc. Et même si aujourd'hui
on utilise indifféremment ce surnom pour tous les comptoirs métalliques
en cuivre, en laiton, en inox ou en aluminium, il est temps de rendre
hommage au bon vieux zinc, fleuron des bistrots jusqu'au milieu du XXème
siècle.
e
comptoir en zinc, qui n'a jamais contenu un atome du métal du même
nom, était à l'origine composé de 60% d'étain
et de 40% de plomb. Depuis quelques années, pour éviter
l'intoxication au plomb (saturnisme), les normes de sécurité
imposent que le taux de ce métal dans l'alliage reste inférieur
à 5%.
À
l'état pur, l'étain a la consistance de la pâte à
modeler. Les fabricants utilisaient donc le plomb pour le rigidifier.
Aujourd'hui, ils se servent d'un mélange d'additifs, dont chacun
garde secrètement la formule.
Les qualités qui ont fait la renommée de cet alliage étain-plomb
sont avant tout esthétiques. Sa basse température de fusion
(250 °C) en fait un matériau idéal pour réaliser
des moulages dans de l'acier. Des moules sortent des frises dont les motifs,
beaucoup plus fins que ceux obtenus par martelage du métal, permettent
de reconnaître ce type de comptoir au premier coup d'oeil. Autre
avantage de l'alliage : sa résistance et la facilité de
son entretien.
Pour monter
le comptoir, le fabricant réalise d'abord une forme en bois sur
laquelle il dispose les plaques et les frises. Des joints du même
alliage permettent d'assembler le tout. Gratté à l'aide
d'une râpe puis poncé avec un fraisoir (grosse lame d'acier),
la magie s'exerce : les joints deviennent invisibles. Un petit verre ?
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Dans
cent ans, les comptoirs seront en verre translucide, comme dans
les films de fusée.
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