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Les dessous de l'ivresse
Un, deux, trois p'tits verres dans le gosier, hop ! Jusqu'à 1,5 g/L environ, pas de souci majeur, mais néanmoins une sensation d'excitation et un état euphorique. Au cours de cette phase dite d'excitation psychomotrice, les molécules d'éthanol inactivent les fonctions inhibitrices du système nerveux. Le gai buveur est alors incapable de retenir ses impulsions.
Quatre, cinq, six p'tits verres, houps ! Là, ça commence déjà à aller beaucoup moins bien. Lorsque l'alcoolémie s'élève jusqu'à 2 g/L, le buveur de plus en plus imbibé atteint l'état d'ébriété. L'éthanol commence à modifier l'activité des cellules du nerf optique, altérant la coordination des muscles de l'oeil. Soutenant mordicus que son voisin a un frère jumeau, assurant que les murs se rapprochent et que le plancher tangue, le buveur souffre alors de troubles de la vision. Par ailleurs, des lésions apparaissent au niveau du cervelet, structure du cerveau qui contrôle les fonctions d'équilibre de l'organisme. Conséquence : le buveur peine à tenir sur ses gambettes, signe de dysfonctionnements dans la coordination des mouvements. Enfin, il développe parfois des réactions violentes. Pour expliquer ce comportement, deux hypothèses : ou la violence préexistait chez le buveur et l'alcool l'a dévoilée, ou bien elle est uniquement due à l'état d'ébriété.
Sept, huit, neuf p'tits verres, aïe aïe aïe... Un vrai spectacle de misère. Cet état de dépression succède à l'ébriété. Impossible de mettre un pied devant l'autre ou de rester assis sur un tabouret, tant les cellules nerveuses du cervelet sont endommagées. Avec trois grammes dans chaque bras, l'alcoolique souffre de graves troubles moteurs. Fini de rigoler. L'ivresse peut évoluer vers un état physiologique grave : le coma éthylique aux symptômes impressionnants et parfois irréversibles. Les plus fréquents : vomissements, baisse de la tension artérielle et insuffisance respiratoire, absence de réactions réflexes et perte de conscience. Autant de symptômes liés aux effets sédatifs excessifs induits par l'alcool. Telle une armée bien rodée, l'alcool possède une véritable stratégie de toxicité. Une fois ingérées, les petites molécules d'éthanol diffusent à travers les parois de l'intestin, se répandent dans la circulation sanguine et envahissent la quasi-totalité des tissus contenant de l'eau et des graisses. Leur cible principale : le cerveau riche en graisses et abondamment irrigué. Les molécules d'éthanol atteignent rapidement le cerveau, s'y infiltrent, puis fluidifient et désorganisent les membranes des cellules nerveuses. Gueule de bois assurée...
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