PELOUSE

Gazon maudit, plastique fantastique

 

 
 

Le tapis vert des terrains de football va devoir compter sur le plastique et le caoutchouc pour remplacer son gazon naturel. Cette mutation réduirait les coûts de revient.

Ce bon vieux gazon béni des dieux du stade devient obsolète. Il est en passe de se faire couper l’herbe sous le pied par la pelouse synthétique jusque dans les hautes sphères du football. Sepp Platter, président de la FIFA (Fédération internationale des associations de football), a affirmé, le 11 janvier 2002, que la Coupe du monde de 2010 pourrait se disputer sur des pelouses synthétiques. Jusqu’à présent, les instances officielles du ballon rond étaient sceptiques au sujet des pelouses artificielles : roulement altéré, risques accrus de blessures (notamment les blessures par frottement) entachaient la réputation de ces nouveaux terrains. Il est vrai que « le gazon synthétique de première génération était une moquette remplie de sable de rivière, du dur… » explique Francis Guisse, directeur R&D à la Compagnie générale des espaces verts (CGEV).

Au chapitre des innovations, le stade Gelderome, à Arnhem (Pays-Bas), possède une zone de jeu qui peut sortir du stade en glissant pour permettre au gazon de pousser en plein air...

 

Une partie de football sur une pelouse synthétique

Une pelouse en pneus recyclés !

« Depuis trois ans, les choses se sont bien améliorées » poursuit Francis Guisse, la hauteur du faux gazon, constitué de fibres de polypropylène et de polyéthylène, atteint aujourd’hui trois centimètres, un gage de souplesse et de douceur. Ces brins en plastique sont plantés dans un mélange particulier de sable et de granules de caoutchouc (provenant souvent de pneus de voitures).

 

 

 

 

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Du coup, les joueurs professionnels plébiscitent ce support, déjà utilisé par la prestigieuse équipe du FC Barcelone. Pourtant, Francis Guisse reste perplexe au sujet du niveau de confort présenté par la pelouse artificielle et souligne les brûlures pouvant être occasionnées. Il reconnaît en revanche un certain nombre d’avantages d’ordre économique : le terrain synthétique est utilisable quel que soit le temps et il nécessite beaucoup moins d’entretien après le passage d’une armée de crampons. De plus, installée dans une région sèche, la pelouse artificielle évite une irrigation abusive, voire indécente. Un espoir pour les pays africains désireux d’accueillir la coupe du monde en 2010.

Nicolas Cennac

 

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