STADE

SAFETY A TOUT PRIX

 
 

Comme pour tout spectacle, la sécurité physique des spectateurs d’un match de football est un impératif. La foule compacte est un authentique défi lancé au savoir-faire des concepteurs et des architectes.

Stade Furiani, 5 mai 1992 : les tribunes s’écroulent sous le poids de la foule. Bilan de la catastrophe : 17 morts et 2263 blessés.
Aujourd’hui, on redouble de précautions dans la conception des stades de football : la structure générale du stade doit répondre à des mesures de sécurité optimales. Les 80 000 spectateurs du Stade de France bénéficient de cette réflexion plus profonde sur la sécurité.

De la conception architecturale des tribunes

Loin des matériaux sophistiqués et des innovations technologiques, « la sécurité commence par une bonne visibilité », affirme Christian Griffault, qui a participé à la conception du stade au sein de la Direction technique des ouvrages fonctionnels de Bouygues Construction. La visibilité doit être excellente afin d’empêcher les spectateurs de se pencher dangereusement pour mieux voir le jeu. On estime pour cela que la distance entre la visée de l’œil et la tête du spectateur placé juste devant soi (le « relèvement visuel ») doit être de l’ordre de 15 centimètres. C’est aussi pour cela que la pente des tribunes a été minimisée : 35°. De même, tous les spectateurs sont assis et les sièges, fixes, comportent des dossiers qui empêchent cette avancée périlleuse de la foule que l’on observait fréquemment dans les anciens gradins, chaque fois qu’un but était marqué.

Les tribunes du Stade de France: tous les sièges sont fixes et la pente est de 35°

 

Structure

Du point de vue des fondations, un stade de football est un bâtiment comme un autre : la masse à supporter est l’élément important. La charge autorisée du Stade de France est d’environ 300 kilogrammes par mètre carré, soit une densité de 3 à 4 personnes par unité de surface. Néanmoins, la structure a été conçue pour supporter le double : elle peut tolérer une charge de 600 kilogrammes par mètre carré ! Au-delà, il semble de toutes façons malaisé de « caser » plus de 8 personnes sur un seul petit mètre carré…
C’est la toiture qui a posé le plus gros problème. En dépit de ses 13 000 tonnes (soit deux fois la masse de la Tour Eiffel !), il s’agissait « non pas d’éviter que la toiture ne s’écroule, mais bien plutôt qu’elle ne s’envole », souligne Aymeric Zublena, l’un des quatre architectes du stade. En effet, elle forme une aile offrant une prise au vent considérable : il a donc fallu lester la toiture par une couronne de béton de plusieurs centaines de tonnes.
Autre gage de sécurité, les 144 haubans (câbles) auxquels est suspendu le toit du stade ont eux aussi été prévus pour résister à un poids jusqu’à deux fois supérieur à celui réellement supporté.

Résistance aux vibrations

L’un des plaisirs d’une foule qui vibre à l’unisson lors d’un spectacle de qualité est précisément de battre des pieds en cadence. Ces vibrations peuvent ébranler le stade si elles ne sont pas prises en compte dans la conception. Explication : toute structure peut être assimilée à un ressort géant au bout duquel serait fixé un objet. Ici, la masse de l’objet est celle des tribunes, complétée par la masse de la foule. La raideur de ce « ressort » dépend de la nature du matériau et de sa forme. Quand le public bat des pieds en cadence, il met le stade en mouvement et celui-ci se met à « osciller ». Or, il existe une vibration qui n’est pas amortie par la structure, entraînant un risque de rupture. Cette « fréquence de résonance » doit absolument être évitée, toutes les autres étant permises. Pour le Stade de France, cette fréquence de résonance est de l’ordre de 5 Hertz, c’est-à-dire 5 chocs à la seconde. Une fréquence qu’il est peu probable d’atteindre, car une personne qui marche produit une vibration de fréquence 1 Hz, et on tape du pied à environ 10 Hz.

Raquel Azran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le toit du stade deFrance, suspendu à 43 mètres au-dessus de la pelouse

 

 


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