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Désertion
de 8 000 Bosno-croates
Chant du
cygne des Croates de Bosnie-Herzégovine ou prémices d'une
nouvelle guerre ? Le départ de 8 000 soldats croates des rangs
de l'armée de la Fédération croato-musulmane (VF)
a de quoi faire frémir, même si 1 500 d'entre eux seraient
revenus.
Les premiers
jours, l'Otan était réticente à intervenir contre
la constitution d'une milice aux ordres de la Communauté démocratique
croate (HDZ), le parti nationaliste croate, qui représentait pourtant
la plus sérieuse menace contre la paix depuis 1995 : « C'est
un problème politique et il doit le rester », expliquait
le colonel Alain Ollivier, adjoint au chef du service de presse de la
Force de stabilisation de l'Otan (Sfor), tandis qu'un observateur proche
de la force multinationale affirmait, péremptoire : « Dans
deux semaines, on n'en parle plus. »
Mais la Sfor
a dû prendre le problème à bras le corps, en intervenant
mi-avril dans les casernes tenues par les mutins croates, pour saisir
les armes et les transférer dans des dépôts contrôlés
par des soldats restés fidèles à la VF. Et surtout
en montant une surprenante opération coup de poing dans les agences
de la banque Hercegovacka Banka en Herzégovine, soupçonnée
de financer le HDZ.
Les dirigeants
de la Sfor n'ont pas hésité à risquer l'affrontement
direct avec les nationalistes. Vingt-deux soldats ont d'ailleurs été
blessés dans les affrontements avec des manifestants autour de
l'agence de Mostar.
Beaucoup
d'observateurs font cependant remarquer les limites des gesticulations
croates. Sur le plan militaire, les soldats croates ne sont pas une menace
crédible face à la Sfor. Roger Duburg : « Les
seules actions gênantes pour nous sont les manifestations de rues,
les actes terroristes contre lesquels nous sommes forcément plus
démunis. »
Et le nerf
de la guerre, l'argent, pourrait venir à manquer. Un conseiller
de la Sfor explique que le HDZ a fait pression sur beaucoup de soldats
pour les inciter à déserter. Tout en proposant " une
solde de 500 DM (250 euros) par mois " pour achever de les convaincre.
A ce rythme, et après l'intervention contre l'Hercegovacka Banka,
les finances du parti nationaliste seront bientôt à sec.
Ce qui laisse présager un retour rapide des mutins dans les rangs
de la VF.
Yann
Guegan
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Herzé
-govine,
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