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Satire dans tous
les coins
Cannes 2001. « No
man's land » gagne
le prix du scénario. Le Bosnien Danis Tanovic
signe là sa première uvre de fiction,
après avoir réalisé de nombreux documentaires
sur la guerre dans son pays.
Au moment
où la guerre arrive en Bosnie, Danis Tanovic est étudiant
en réalisation à l'Académie du film de Sarajevo.
Boulimique des images, il se poste sur la ligne de front. « On
n'avait pas besoin d'écrire l'histoire, tout était là,
raconte-t-il. La vie est parfois meilleure scénariste que nous. »
Le documentaire est alors le seul moyen de s'exprimer.
Pendant plus
d'un an, il entend siffler les balles des snipers, craint les éclats
des grenades. Mais « lassé de risquer (sa) vie 24 heures
sur 24 », il décide de quitter sa ville, « sa
vie », et achève ses études de filmologie à
Bruxelles. « A un moment, le documentaire ne suffisait plus
à dire ce que j'avais à dire. » Il se lance alors
dans l'écriture d'un scénario. Pour raconter son histoire,
celle qu'il imagine. « Ce film, je l'ai d'abord fait pour moi,
ensuite pour les autres, explique Tanovic. Le travail d'écriture
est en fait très égoïste. » Chacun des personnages
reflète une partie de sa personnalité. Mais il se défend
de prendre parti : « J'ai essayé de rendre
le film aussi objectif que possible. J'ai simplement relaté les
faits. »
L'histoire
se déroule en Bosnie. Mais Danis Tanovic voulait faire un film
« contre la guerre, contre toutes les guerres ».
« J'ai choisi la Bosnie parce que c'est ce que je connais le
mieux mais en évoquant ce lieu, je parle du monde entier. La guerre
est un thème universel. »
« No
man's land » est le récit tragi-comique de Ciki et Nino,
deux soldats coincés dans une tranchée pendant la guerre.
L'un est bosniaque, l'autre serbe et il leur faut pourtant bien cohabiter.
Tanovic manie l'humour, comme le faisaient les Sarajéviens pendant
la guerre, « pour ne pas devenir fous ».
Par ce film
- satirique - il veut « rappeler les horreurs de ce conflit ».
Rappeler en choquant. Travelling dans Sarajevo aux couleurs de l'été.
Douceur brutalement interrompue par un mur criblé de balles. « C'est
comme si on mettait une photo en noir et blanc sur un tableau de Van Gogh,
explique-t-il. Je voulais créer un choc visuel, je voulais que
les spectateurs aient froid dans le dos. »
Ophélie
Colas des Francs
et Mélanie Lemaire
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Les
francs-tireurs de l'under-gound
A
Sarajevo, une culture indépendante vivote
à l'écart des circuits officiels. Rencontre
avec des collectifs d'artistes qui créent sans moyens. (lire)
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Reviens
mon humour !
Blagues
cyniques et ironie farouche :
lutte contre la névrose pendant la guerre.
Aujourd'hui le rire se fait rare.
(lire)
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