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Sarajevo 2010 :
l'idéal olympique
En se portant candidate
pour organiser les JO de 2010, Sarajevo aspire à revenir au passé
glorieux des premiers Jeux de 1984.
Accueillir
les Jeux olympiques dans un pays meurtri et une ville ravagée par
la guerre quelques années auparavant : c'est le pari de la
mairie de Sarajevo et du Comité olympique de Bosnie-Herzégovine,
qui présenteront l'an prochain la candidature de la capitale bosnienne
à l'organisation des Jeux d'hiver de 2010. Une idée un peu
folle au moment où la tendance est plutôt au gigantisme et
au règne de l'argent, de la pub et des télévisions.
Mais les
défenseurs du projet veulent y croire : « Ce n'est
pas un programme de prestige, nous avons une vraie chance, assure Faruk
Catal, un champion de luge des années 80, responsable du dossier
des JO à la mairie de Sarajevo. Bien sûr, nous ne pouvons
pas rivaliser financièrement avec des villes américaines
ou autrichiennes comme Kitzbühel. Nous nous situons plus sur un plan
moral, humaniste : les JO ne sont pas l'apanage des pays riches.
Nous en appelons au sens de l'éthique de la communauté internationale,
ajoute Slaven Kovacevic, du Comité national olympique bosnien.
Le monde aurait pu mettre fin à la guerre plus tôt, moins
de gens auraient été tués. »
« Enfin
un projet positif »
Pour
séduire les membres du Comité international olympique (CIO),
qui désigneront la ville hôte en 2003, Sarajevo compte sur
la « sympathie » exprimée par Juan Antonio
Samaranch, président du CIO, au cours de sa visite à Sarajevo
en février.
« Mais
ça n'a pas d'importance de savoir si nous avons une chance, confie
Mirsad Zorabdic, secrétaire de cabinet du maire de Sarajevo. Ce
qui compte, c'est d'avoir enfin un projet positif après la guerre,
quelque chose qui nous permet de nous tourner vers l'avenir. »
Il montre une enveloppe à fleurs, posée sur son bureau :
« Regardez, c'est une petite fille de sept ans qui écrit
au maire, lui disant : "En 2010, j'aurai 16 ans et je pourrai
être dans l'équipe olympique." »
« Pour
la ville, c'est un excellent tremplin pour la reconstruction, ajoute Faruk
Catal. En 1984, l'économie a beaucoup bénéficié
des Jeux olympiques. Cela peut nous permettre d'attirer des investisseurs
étrangers et de créer des emplois en développant
le tourisme. C'est notre seule chance de retenir notre jeunesse qui n'a
qu'une seule envie : partir à l'étranger. »
Les Bosno-serbes
associés
L'idéal
olympique permet aussi de raviver le souvenir de 1984, l'époque
de la Yougoslavie et de la paix. La référence y est constante.
La ville a d'ailleurs choisi le 8 février, jour anniversaire de
l'ouverture des JO de 1984, pour annoncer sa volonté de se porter
candidate. « A la fin des Jeux de 1984, Juan Antonio Samaranch,
le président du CIO, avait affirmé que c'étaient
les meilleurs Jeux d'hiver qui aient jamais été organisés,
rappelle fièrement Slaven Kovacevic. La seule fois où il
l'a redit, c'est à Nagano en 1998. »
Les JO sont
l'occasion d'uvrer à la réconciliation entre les communautés.
Les Bosno-serbes devront d'ailleurs y être associés, les
sites de ski, sur les montagnes de Jahorina, se trouvant en Republika
srpska.
« Pour
nous, ce projet fait souffler un bon vent, frais et fort, qui nous unit
autour du sport et de l'économie, s'enflamme Faruk Catal. Nous
avons fait un sondage auprès des habitants de Sarajevo, 90 %
souhaitent avoir les Jeux. Cela unifiera plus vite la Bosnie-Herzégovine
que la politique ou l'économie. »
Un fonds de solidarité ?
En
attendant, reste à savoir comment financer un tel projet. Le seul
fait de concourir coûtera beaucoup d'argent à une ville qui
est encore loin d'avoir achevé sa reconstruction. « Nous
espérons 900 millions de dollars (1 milliard d'euros) de droits télévisés,
c'est suffisant pour organiser les Jeux. Aujourd'hui, les trois-quarts des
équipements nécessaires sont déjà prêts.
Le centre des sports de glace de Zetra, situé à côté
du stade olympique de Kosevo, a été intégralement reconstruit.
Les hôtels aussi. Les pistes de ski ont été refaites
et déminées, elles ont obtenu l'agrément de la Fédération
internationale de ski. Il nous manque surtout la piste de bobsleigh, détruite
pendant la guerre. Nous ne la reconstruirons que si nous accueillons effectivement
les Jeux. »
Les Sarajéviens
comptent aussi sur un coup de pouce du CIO. Et on évoque un projet
de financement d'une partie des infrastructures dans le cadre d'un fonds
de solidarité alimenté par les autres villes olympiques.
« Vous savez, conclut Faruk Catal, nous préférons
avoir des dons pour organiser les JO que de l'aide humanitaire. »
Yann
Hildwein
Installations
olympiques à Sarajevo (carte)
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Le
foot bosnien, combien de divisions ?
Les
équipes bosno-serbes et celles de la Fédération
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