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Foot bosnien :
Combien de divisions ?

Les équipes bosno-serbes et celles
de la Fédération évoluent chacune
de leur côté. L'organisation d'un championnat
unique se joue sur le terrain politique.

Peut-on s'affronter pacifiquement sur un terrain de foot quelques années après s'être battus armes à la main ? Depuis les accords de Dayton, le football bosnien jongle avec ce dilemme et tente de renouer les liens entre les équipes des trois communautés.

Jusqu'à l'an dernier, coexistaient trois championnats monoethniques : un en Republika srpska, un pour la partie bosniaque de la Fédération croato-musulmane et un pour la partie croate. Les deux derniers ont fusionné cette saison, aboutissant à la création d'une première division à 22 clubs.

D'abord une coupe ensemble
Pour la première fois cette année, une coupe a été organisée sur l'ensemble du pays, mettant aux prises quatre équipes de Republika srpska et huit de la Fédération. Peut-être le prélude à un championnat unifié, à l'image de ce qui s'est passé entre Bosniaques et Bosno-croates dans la Fédération.

« Ce serait une bonne chose pour le foot en Bosnie-Herzégovine, assure Miso Smajlovic, le sélectionneur national. Plus de compétition, un mieux pour les joueurs. » Tout le football bosnien plaide en ce sens, y compris les clubs et les joueurs bosno-serbes. Leurs instances n'étant à ce jour reconnues par personne, ils ne peuvent participer à aucune compétition internationale.

Une affaire de fédérations. La Fédération de football de Bosnie-Herzégovine (NSBIH), qui dans les faits ne travaille que sur le territoire de la Fédération croato-musulmane, a été reconnue officiellement en 1996 par la Fédération internationale de football (Fifa) et l'Union européenne de football (UEFA). Depuis, elle s'efforce de réunir sous sa férule l'ensemble des clubs du pays. L'an dernier, elle a déjà obtenu la dissolution de la Fédération d'Herceg-Bosna, l'entité bosno-croate autoproclamée.

« Une inclusion, pas une fusion »

En avril 2000, de nouveaux statuts de la NSBIH, rédigés par la Fifa et l'UEFA, ont été adoptés. Ils prévoient l'intégration des représentants du foot de RS dans les instances de la NSBIH, selon les proportions consacrées : deux tiers pour la Fédération, un tiers pour l'entité bosno-serbe.

Une assemblée générale doit se tenir en juin pour décider définitivement des modalités du prochain championnat. Des négociations sont en cours sur la base d'un championnat qui réunirait dix équipes de la première division bosnienne et deux à quatre clubs issus du championnat de RS.

« Il s'agit d'inclusion et non de fusion, martèle Munib Usanovic, secrétaire général de la NSBIH. A l'origine, ce sont les clubs de Republika srpska qui ont refusé de participer au championnat de Bosnie-Herzégovine. »

Les hésitations bosno-serbes

Face à la fermeté de la Fédération, les dirigeants bosno-serbes rechignent. Ils n'ont toujours pas nommé leurs représentants à la NSBIH, et hésitent à accepter l'idée d'un championnat unique. « Pour des questions de sécurité, il vaut mieux que chacun joue de son côté, estime Momcilo Tosic, secrétaire général de l'association de football du canton de Srpsko Sarajevo, dans l'entité bosno-serbe. Il faut rester prudent, c'est encore tôt après la guerre. »

« C'est un problème politique, celui des gens qui ont essayé de créer un Etat indépendant en RS. Les décisions seront prises au moment de l'assemblée générale, avec ou sans les représentants de la RS », répond Munib Usanovic.

Pendant ce temps, à la base, des initiatives tentent de faire tomber les barrières entre les entités. « Nous avons joué ensemble du temps de la Yougoslavie, pourquoi ne serait-ce plus possible ?, lance Sretan Suznjevic, ancien joueur et entraîneur d'une équipe de jeunes de l'Olimpik Sarajevo. Nous avons proposé à une équipe de Banja Luka, la capitale de la Republika srpska, d'organiser un match amical. Nous attendons leur réponse. »

Yann Hildwein

 

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