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Amar Osim
reprend le flambeau
A 33 ans, le fils
d'Ivica Osim, l'un des plus
grands joueurs yougoslaves des années 70,
est bombardé entraîneur de Zeljeznicar,
l'un des deux principaux clubs de Sarajevo.
Il n'a pas
encore la même prestance que son père, qui a fait le tour
des bancs de touche des plus grands stades européens. Assis sur
son banc, on a même parfois l'impression que ce grand gaillard à
la barbe blonde va rentrer en jeu à un moment ou à un autre.
A 33 ans, Amar Osim n'a pas eu le temps de se préparer à
être entraîneur de Zeljeznicar, l'un des deux grands clubs
de Sarajevo.
Mais il a de qui tenir : Ivica Osim, son père, l'un des plus grands
joueurs yougoslaves des années 70, est devenu l'un des entraîneurs
les plus respectés d'Europe. Il a été le dernier
entraîneur de la sélection yougoslave avant la guerre, et
aujourd'hui il dirige le Sturm Graz, la meilleure équipe autrichienne.
En mars, il a été désigné vice-maire de Sarajevo.
« Nuls
! » Le verdict est sans appel, à la sortie de ce match
contre Olimpik, un autre club de Sarajevo, le 11 avril dernier. Même
si Zeljeznicar a gagné (2-1), Amar Osim n'a pas du tout aimé
la manière dont son équipe s'est relâchée en
deuxième mi-temps. « La semaine dernière, on
avait joué contre la même équipe en Coupe, on les
avait battus 4-0 ! »
Expériences
occidentales
Si
Amar Osim est si exigeant, c'est aussi car il connaît le foot d'Europe
occidentale. Il a vécu quinze ans en France, d'abord dans son enfance
pendant la carrière de son père à Strasbourg, Sedan
et Valenciennes. Puis au cours d'une modeste carrière de joueur entre
1991 et 1997, un an à Saint-Dié (Vosges) en Division 3 et
six ans en amateur dans un club de championnat régional à
Strasbourg.
Issu d'une
famille sarajevienne depuis des générations (« on
nous dit Croates, parce qu'un jour, quelqu'un a décidé que
tous les catholiques étaient croates »), Amar connaît
également la maison. Il a joué quatre années à
Zeljeznicar « quand j'étais jeune et beau »,
et y a fini sa carrière à son retour de France.
« J'ai
joué une saison, puis j'ai arrêté car ça ne
m'intéressait plus de jouer dans un championnat de si bas niveau. »
Il se retrouve entraîneur des jeunes du club, jusqu'à la
fin mars dernier, où on lui propose de reprendre l'équipe
première après l'éviction de l'entraîneur.
Il devient le plus jeune entraîneur de l'histoire du club. « Je
ne pensais pas devenir entraîneur. Mais c'est venu comme ça,
et ça me plaît bien. »
« Le niveau
est pire qu'il y a cinq ans »
Pour
autant, Amar ne se fait pas d'illusions sur le football bosnien. « Le
niveau du championnat est pire qu'il y a cinq ans. A l'époque, il
y avait encore des joueurs qui avaient connu le championnat yougoslave.
Les jeunes qui arrivent aujourd'hui avaient entre 11 et 15 ans pendant la
guerre, l'âge où on fait sa formation technique, ça
ne se rattrape pas. En plus, il y a les séquelles psychologiques. »
En cause
également, le manque d'infrastructures. « Notre terrain
d'entraînement est tellement catastrophique que j'ai refusé
de m'en servir. Deux fois par semaine, on loue le terrain d'un autre club
dans la banlieue de Sarajevo. »
Amar Osim
tient à s'imposer par lui-même, dans ce club où son
père, joueur puis entraîneur, a laissé une forte empreinte.
« Les gens me connaissent, j'ai joué ici. Ils savent
que je ne suis pas un sauveur. » Mais depuis qu'il l'a prise
en main, l'équipe ne s'arrête plus de gagner. Le 28 avril,
en s'imposant 3-0 sur le terrain du grand rival, le FC Sarajevo, Zeleznicar
a pris la tête du championnat.
Yann
Hildwein
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