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Stigmates

   

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Reconstruction anarchique de l'habitat

L’État bosnien ne se pressant pas pour bâtir
des logements collectifs, il laisse faire
les initiatives personnelles et fleurir les maisons
dans chaque recoin de la ville.

Anarchique. Aucun mot ne convient mieux à la manière dont la reconstruction de l’habitat s’opère à Sarajevo.« Un phénomène existant déjà avant la guerre mais que le conflit n’a fait qu’aggraver », commente Jasna Hodzic, du service de la planification à l’agence pour l’urbanisme du canton de Sarajevo. « Les acteurs du secteur - entreprises de BTP, architectes, administrations - ne sont pas du tout coordonnés. »

Aujourd’hui, l’agence tente de réguler, souvent à coups d’épée dans l’eau, la politique d’habitat dans la capitale de la Fédération croato-musulmane. « Les particuliers, souvent des expulsés de Republika srpska ou d’anciens ruraux qui ont vendu leurs terrains, construisent leur maison avec l’aide de leur famille ou de leurs amis, sans aucune autorisation », poursuit Jasna Hodzic.

Légaliser ou détruire ?

L’État fait alors face à un dilemme : soit légaliser les nouvelles habitations afin de récupérer la taxe d’habitation, soit détruire les logements. Une mesure radicale souvent nécessaire dans le cas de maisons construites dans des zones à risque. A Zenica, plusieurs familles sont mortes dans des glissements de terrain.

« Des événements qui semblent commencer à faire réagir le gouvernement, commente, confiante, Jasna Hodzic. La volonté d’entrer dans le conseil de l’Europe devrait, à terme, faire le reste en harmonisant la législation. » En attendant, les collines de Sarajevo continuent d’étouffer sous les chantiers, réduisant à néant les bois qui les peuplaient.

Nathalie Pessel

 

La ronde infernale
des déplacés

Cinq ans après le conflit qui a vidé les villages,
plus d'un million de personnes vivent
dans la maison d'un autre ou ont retrouvé
leur logement squatté.
Exemple d'un de ces chassés-croisés.
(lire)


Retours
à la normale ?

Reportages à Turovi, Republika srpska, bosniaque avant-guerre et à Bocinja, Fédération croato-musulmane, à 90 % bosno-serbe avant le conflit.


Werner Blatter, représentant
du HCR

« Chaque relogement est pour nous une petite victoire » (lire)


Paroles d'exilés

Sur le Web

Le site du HCR :
www.unhcr.ch


La longue cavale des criminels de guerre

Radovan Karadzic et Ratko Mladic,
inculpés de crimes contre l'humanité,
sont toujours en liberté.
Protégés ? La France est pointée du doigt. (lire)


Une vie minée

Depuis la fin de la guerre, seules 10 % des mines ont été neutralisées. Les Bosniens devront attendre 50 ans pour marcher d'un pas tranquille. (lire)


Portés disparus

Cinq ans après, retrouver les victimes du conflit est de plus en plus difficile. Mais le besoin de savoir est toujours aussi prégnant. (lire)

 

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