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Don't
buy it !
Les
taggeurs locaux
détournent les pubs occidentales

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C'est un allemand...
Un
Allemand décide de faire le tour de l'Europe de l'Est. En Autriche,
l'homme se fait arrêter par la police locale : « Excès de vitesse
monsieur : 200 DM ! » Il ne se formalise pas et poursuit son
chemin jusqu'à la Slovénie.
De
nouveau flashé sur l'autoroute, il demande des explications : «
Mais qu'est-ce que vous croyez. La Slovénie est un pays développé
qui va bientôt rentrer dans l'Union européenne ! » lui répond le
gendarme.
Le
vacancier paye son amende et trace vers la Croatie. A peine arrivé,
l'homme est de nouveau arrêté : « Faut pas rigoler avec nous, on
est un pays en transition et on a des radars, comme vous ! » Excédé,
l'Allemand sort ses derniers deutschmarks et décide de passer en
Bosnie-Herzégovine.
Il roule à toute allure jusquà ce que Suljo l'arrête. « C'est
impossible, comment avez-vous pu relever ma vitesse. Vous êtes un
pays sous-développé, vous n'avez donc pas de radar. Il est hors
de question de vous payer. » Suljo se tourne vers Mujo et demande
:
- Cest quoi la vitesse autorisée chez nous ?
- WRRoum
- Et à quelle vitesse roulait ce monsieur ?
- WRRRRRooooooumm !
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Ils
ont
dit...
Plusieurs
fois entendu
« Quest-ce que vous faites dans cette putain de ville !
»
Dun haut fonctionnaire international « Pour atterrir
ici, il faut avoir fait une erreur dans sa carrière. » Dune
étudiante
« Ici tout le monde est fou et pour survivre, il faut être
encore plus fou. »
Du rédacteur en chef du « Sfor Informer »
« Si vous croyez avoir compris la Bosnie-Herzégovine, cest
quon vous a mal expliqué. »
Dun chauffeur de taxi
« A Sarajevo, il y a un homme pour huit femmes ! Beautiful »,
prononcé avec le pouce en lair.
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Une
petite soif ? Voilà comment demander trois bières
à sarajevo sans vous faire regarder de travers. Car pouce,
index et majeur, c'est le signe nationaliste serbe
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Une
touriste
« Je croate que ce voyage me serbira beaucoup et restera un
moment pivô (1) dans ma vie. Dautant plus que jai rapporté
un Bosniaque ado. »
(1) Pivô : bière, en serbo-croate.
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Ljubija le
kamikaze

Au
volant de la Golf de Dzevad modèle 1978, 350 000 km au compteur
sur la route défoncée qui serpente au fond des vallées entre Klujc
et Sarajevo, Ljubija Bogdanovic conduit comme il fait la guerre.
Il est le spécialiste des dépassements « kamikaze » dans
un virage, pied au plancher et moteur hurlant.
Ljubija
le Serbe et Dzevad le Bosniaque, amis denfance, allaient à lécole
ensemble. Lors du siège de Sarajevo, ils se sont engagés dans larmée
bosniaque pour défendre leurs familles et leur ville. Ljubija a
été blessé quatre fois. Il profite dun arrêt pour montrer ces cicatrices
: la plus grosse déforme la peau de son bras gauche sur 20 cm. Dzevad
raconte aussi comment son ami a sauvé la vie de deux soldats bloqués
sous le feu serbe, dans un élan entre courage et inconscience.
Depuis
la fin de la guerre, Ljubija traîne, déprime, boit et fume trop.
Rêve dune grosse Audi ou dune BMW pour remplacer la voiture quil
a dû vendre. Dzevad travaille au centre culturel André Malraux et
accueille journalistes et personnalités en pélerinage à Sarajevo.
Il y a trouvé un boulot de gardien de nuit pour son ami.
Ljubija
cherche ses mots en anglais, son regard perçant sillumine du bonheur
dêtre compris, grands gestes saccadés à lappui. Il dit lhorreur
de devoir tuer son frère ou dêtre tué par lui, lincompréhension
devant les crimes commis, la profonde stupidité de la guerre. «
Rien de bon ne peut venir de la guerre. Si un jour ce qui sest
passé à Sarajevo vous arrive, fuyez ! Même si vous navez que trois
marks en poche, fuyez ! » Jubija le héros est fatigué.
Yann
Guegan
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