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Todorovic à
la barre
Dans
le boxe des accusés, « Monstrum », de son
vrai nom Stevan Todorovic, patiente, entouré de deux gardes de
l'Onu. Il est accusé d'avoir pris part à des actes de purification
ethnique. Contre des Croates et des musulmans, dans la ville de Bosanski
Samac, au Nord-Ouest de l'actuelle Bosnie-Herzégovine.
Front haut,
moustache tombante, physique de colosse, il écoute plaider ses
deux avocats d'origine bosnienne. « Mon client était
directement impliqué dans les tueries. Il a plaidé coupable
aux accusations de meurtre », explique Me Kostich avant d'interpeller
le président jamaïcain : « Il a le courage de demander
au TPIY de fixer une sentence ». Il insiste: « Je
ne vous demande pas de lui accorder un prix pour cela, mais il a eu le
courage de venir, et de coopérer dans d'autres affaires ».
« Quelles affaires? », coupe le juge en robe rouge.
L'avocat égrène les noms. Monstrum reste impassible.
Circonstances
d'arrestation douteuses
La présence
de Todorovic à la Haye est une victoire pour le TPIY(Tribunal pénal
international pour l'ex-Yougoslavie). Dès le début du procès,
la défense avait contesté les conditions de son arrestation
par la Force de stabilisation de l'Otan (Sfor) en 1998 dans un petit village
de Serbie considérant qu'il s'agissait « d'une violation
de l'intégrité territoriale de l'ex-Yougoslavie ».
En 2000, la police serbe ayant estimé que « la vente
d'un compatriote est un acte épouvantable », met sous
les verrous les hommes qui avaient participé à l'arrestation
de Stevan Todorovic. Elle accusait alors ouvertement la Sfor d'avoir payé
un groupe armé en sous-main pour remplir cette mission. Imbroglio
juridique sur fond diplomatique et casse-tête pour une Justice internationale
qui se cherche.
Exposé
en gros plan sur les téléviseurs de l'assistance, Monstrum
tourne la tête et pose son regard sur son deuxième avocat.
Après quelques propos évasifs, Me Brashich évoque
son propore passé d'exilé yougoslave aux États-Unis.
Et réclame le retour de son client à Bosanski Samac : « Il
pourrait devenir un élément de réconciliation. »
La cour prend acte. Le président lève l'audience, les délibérations
commencent. « Monstrum » se relâche soudainement,
esquisse un sourire à sa famille à travers les vitres blindées,
puis repart entouré de ses deux gardes. Todorovic réintégrer
sa cellule du centre de détention de Scheveningen, à quelques
kilomètres de là, face à la mer du Nord.
Estelle
Poidevin et Guillaume Vienne
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Claude
Jorda,
président
du TPI
« Quand
Karadzic
et Mladic seront arrêtés... » (lire)
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Alma
Tiric : Chaque cour
se renvoie
la balle
La
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Commission de recrutement des juges pour le parquet du canton. (lire) |
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