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Dans cette ville de 58 000 habitants, les
récents actes criminels contre des écoles juives
ont achevé de dégrader les relations entre juifs
et Arabes, déjà tendues depuis le début
de la deuxième Intifada, en 2000, au Proche-Orient.
Sarcelles a perdu son image de cité cosmopolite, où
toutes les communautés cohabitaient harmonieusement.
Texte André Lehmann et Delphine Paysant
Photos Blandine Flipo
Vendredi, 11 h. Jour de marché à
Sarcelles. La foule se presse entre les travées, avenue
Joliot-Curie. Une ambiance joyeuse, vivante, qui tranche avec
l'habituelle monotonie des barres de béton. Les stands
juifs côtoient les étals musulmans. Boubous,
keffiehs et kippas se croisent.
Au marché, le vendredi matin, les communautés
coexistent dans une apparente harmonie. Comme autrefois ?
L'illusion ne dure pas. En dehors, on ne se mélange
plus. La ville est désormais coupée en deux.
D'un côté, les juifs, presque tous rassemblés
dans le centre ville - un quartier de standing, avec bosquets,
squares et salons de thé. De l'autre, les musulmans,
cantonnés dans les périphéries, dans
les grands ensembles délabrés. Seule l'avenue
Pierre Knig connaît encore une certaine mixité.
Et beaucoup de tensions.
" Sarcelles est devenue une ville ultra-communautaire.
Cela a d'abord engendré une forme de méfiance,
puis du racisme ", note Mourad Boughanda, jeune conseiller
municipal issu d'une liste indépendante. Marc Djeballi,
le président de la communauté juive, refuse
" de sombrer dans la paranoïa ". Il se dit
toujours " heureux d'habiter Sarcelles ". Pour
l'instant. Mais demain ? " Oui, nous nous affolons, confie
ce médecin. Chaque jour, une dizaine d'actes d'origine
criminelle atteignent notre communauté. Comment voulez-vous
que nous vivions tranquillement ? "
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