Foi des exclus
  Islam en banlieue
  Communau-
tarisme religieux
  Isolement et vie cloîtrée
  Missionnaires mormons
  Centre bouddhiste
  Aix,
ville ésotérique
  Pèlerinage à Compostelle
 
 
  Dieu et les Tziganes
 
 
  Église catholique à l'épreuve
  Cohabitation et tolérance
 
 
  Trois familles, trois religions
  Femmes de foi
  Kery James, rappeur converti
  Siné, dessinateur athée
  Fidèle de
l'Opus Dei
  Anciens adeptes de sectes
 
 
  Paysage spirituel d'aujourd'hui
  Retour du religieux
  Jeunes face au dogme
  Livres sacrés
 
 
  Piliers des religions
  Tendance et statistiques
  Calendrier des fêtes religieuses

 

   

 

Le passé commun de parents venus du Maghreb ne soude plus les enfants

Les juifs qui habitent autour de la synagogue racontent qu'ils essuient quotidiennement injures, jets d'œufs et autres humiliations. Pour Marc Djeballi, la cause ne fait aucun doute : " Il s'agit bien d'actes antisémites. " Deux fois incendiée et plusieurs fois saccagée, l'école juive Tiferet Israël cristallise ces tensions. Moshe Bellity, le proviseur est fatigué. " Si j'en avais la possibilité, je crois que je partirais, même si c'est très dur. " Impuissant, il ne sait plus quoi faire : " La première fois qu'il y a eu le feu, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) nous a adressé son soutien. Cette fois-ci, ils ne se sont pas manifestés. "

En toile de fond des incidents, le conflit au Proche-Orient. Depuis le début de la deuxième Intifada, fin septembre 2000, le fossé s'est considérablement élargi entre les communautés juive et musulmane. Aujourd'hui, l'adversaire est désigné, les mots sont à peine feutrés.

Le déracinement des uns et des autres, de la décolonisation aux premières vagues de l'immigration des années 60, avait pourtant fait de Sarcelles un modèle de ville mixte. Ils venaient de la même terre : l'Afrique du Nord. Les juifs séfarades se sont installés les premiers, rejoints peu après par les Arabes. On retrouvait d'anciens amis " du pays ", on s'entraidait. " Jusqu'à la fin des années 70, il n'y avait aucune tension intercommunautaire ici, raconte Marc Djeballi. On n'était pas juif ou musulman mais avant tout des Algériens ou des Tunisiens français, liés par un passé commun. "

Ce passé soude les aînés. Pas leurs enfants. Nées en France et dotées de repères différents, les nouvelles générations ont du mal à s'entendre. Au début des années 80, les heurts se multiplient. Crise économique, dégradation de l'habitat, développement du chômage... L'engrenage tend les relations.

Le "chaudron culturel" devient de la dynamite. " Depuis quinze ans, certains quartiers sarcellois se paupérisent pendant que d'autres prospèrent. La frustration d'une partie de la population, en majorité musulmane, crée un état de fait dangereux, note Didier Arnal, député PS et ancien conseiller municipal. Certains effets pervers de la politique de la ville ont aggravé les choses. "

 

 

 



La synagogue de Sarcelles a plus de moyens financiers que les deux mosquées de la ville.

 

 

Moshe Bellity, le proviseur d'une école juive récemment incendiée, se sent impuissant face à la montée du communautarisme.

 

 

École supérieure de journalisme de Lille | Équipe | Commander

Mai 2002