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Le passé commun de
parents venus du Maghreb ne soude plus les enfants
Les juifs qui habitent autour de la synagogue
racontent qu'ils essuient quotidiennement injures, jets d'ufs
et autres humiliations. Pour Marc Djeballi, la cause ne fait
aucun doute : " Il s'agit bien d'actes antisémites.
" Deux fois incendiée et plusieurs fois saccagée,
l'école juive Tiferet Israël cristallise ces tensions.
Moshe Bellity, le proviseur est fatigué. " Si
j'en avais la possibilité, je crois que je partirais,
même si c'est très dur. " Impuissant, il
ne sait plus quoi faire : " La première fois qu'il
y a eu le feu, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour
l'amitié entre les peuples) nous a adressé son
soutien. Cette fois-ci, ils ne se sont pas manifestés. "
En toile de fond des incidents, le conflit
au Proche-Orient. Depuis le début de la deuxième
Intifada, fin septembre 2000, le fossé s'est considérablement
élargi entre les communautés juive et musulmane.
Aujourd'hui, l'adversaire est désigné, les mots
sont à peine feutrés.
Le déracinement des uns et des autres,
de la décolonisation aux premières vagues de
l'immigration des années 60, avait pourtant fait de
Sarcelles un modèle de ville mixte. Ils venaient de
la même terre : l'Afrique du Nord. Les juifs séfarades
se sont installés les premiers, rejoints peu après
par les Arabes. On retrouvait d'anciens amis " du pays
", on s'entraidait. " Jusqu'à la fin
des années 70, il n'y avait aucune tension intercommunautaire
ici, raconte Marc Djeballi. On n'était pas juif ou
musulman mais avant tout des Algériens ou des Tunisiens
français, liés par un passé commun. "
Ce passé soude les aînés.
Pas leurs enfants. Nées en France et dotées
de repères différents, les nouvelles générations
ont du mal à s'entendre. Au début des années
80, les heurts se multiplient. Crise économique, dégradation
de l'habitat, développement du chômage... L'engrenage
tend les relations.
Le "chaudron culturel" devient de
la dynamite. " Depuis quinze ans, certains quartiers
sarcellois se paupérisent pendant que d'autres prospèrent.
La frustration d'une partie de la population, en majorité
musulmane, crée un état de fait dangereux, note
Didier Arnal, député PS et ancien conseiller
municipal. Certains effets pervers de la politique de la ville
ont aggravé les choses. "
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