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Mourrad Boughanda, lui, a sauté le pas.
À 26 ans, l'éducateur social, ancien du parti
socialiste local, a créé une liste aux dernières
municipales. Au grand étonnement de ses amis d'enfance,
il siège maintenant à la mairie. Installé
à une terrasse de café, il raconte : "
Il y a une vraie "ghettoïsation" des communautés,
surtout chez les jeunes. Moi je ne veux pas être Zidane,
Stomy Bugsy, ni l'Arabe de service... mais au service de la
République. "
Quant aux actes antisémites, Mourrad
s'avoue impuissant : " Je ne veux pas de récupération
politique, même si c'est facile de rassembler un millier
de personnes pour la Palestine. À la sortie du conseil
municipal, on m'a demandé pourquoi je ne faisais rien
pour cette cause. Le problème c'est qu'ici, on vit
par procuration. L'identification des jeunes beurs aux Palestiniens
est inévitable. "
L'écho du conflit se répercute
dans les rues. " Avant, j'avais des amis juifs,
maintenant c'est fini ", lance Hakan, un jeune Turc de
19 ans à la démarche nonchalante. Paré
d'un keffieh, il confie qu'il continue à voir ses copains
d'enfance juifs. Mais " en cachette ", par peur
d'être mis à l'écart.
Pas facile de faire parler Hakan de la situation
au Proche-Orient. Il hésite. Puis répond : "
D'un côté, je me dis que les Palestiniens ont
raison, de l'autre pas. Même si moi, j'ai grandi au
milieu des deux communautés, la haine contre les juifs,
ça existe depuis longtemps. " À tout moment,
la situation peut déraper, estime Hakan. " Pour
l'instant, il n'y a pas encore de guerre civile entre juifs
et musulmans ici. Mais des jeunes s'y préparent. Et
si vous cherchez à calmer les choses, vous êtes
considéré comme un traître. "
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