Foi des exclus
  Islam en banlieue
  Communau-
tarisme religieux
  Isolement et vie cloîtrée
  Missionnaires mormons
  Centre bouddhiste
  Aix,
ville ésotérique
  Pèlerinage à Compostelle
 
 
  Dieu et les Tziganes
 
 
  Église catholique à l'épreuve
  Cohabitation et tolérance
 
 
  Trois familles, trois religions
  Femmes de foi
  Kery James, rappeur converti
  Siné, dessinateur athée
  Fidèle de
l'Opus Dei
  Anciens adeptes de sectes
 
 
  Paysage spirituel d'aujourd'hui
  Retour du religieux
  Jeunes face au dogme
  Livres sacrés
 
 
  Piliers des religions
  Tendance et statistiques
  Calendrier des fêtes religieuses

 

   

 

Mourrad Boughanda, lui, a sauté le pas. À 26 ans, l'éducateur social, ancien du parti socialiste local, a créé une liste aux dernières municipales. Au grand étonnement de ses amis d'enfance, il siège maintenant à la mairie. Installé à une terrasse de café, il raconte : " Il y a une vraie "ghettoïsation" des communautés, surtout chez les jeunes. Moi je ne veux pas être Zidane, Stomy Bugsy, ni l'Arabe de service... mais au service de la République. "

Quant aux actes antisémites, Mourrad s'avoue impuissant : " Je ne veux pas de récupération politique, même si c'est facile de rassembler un millier de personnes pour la Palestine. À la sortie du conseil municipal, on m'a demandé pourquoi je ne faisais rien pour cette cause. Le problème c'est qu'ici, on vit par procuration. L'identification des jeunes beurs aux Palestiniens est inévitable. "

L'écho du conflit se répercute dans les rues. " Avant, j'avais des amis juifs, maintenant c'est fini ", lance Hakan, un jeune Turc de 19 ans à la démarche nonchalante. Paré d'un keffieh, il confie qu'il continue à voir ses copains d'enfance juifs. Mais " en cachette ", par peur d'être mis à l'écart.

Pas facile de faire parler Hakan de la situation au Proche-Orient. Il hésite. Puis répond : " D'un côté, je me dis que les Palestiniens ont raison, de l'autre pas. Même si moi, j'ai grandi au milieu des deux communautés, la haine contre les juifs, ça existe depuis longtemps. " À tout moment, la situation peut déraper, estime Hakan. " Pour l'instant, il n'y a pas encore de guerre civile entre juifs et musulmans ici. Mais des jeunes s'y préparent. Et si vous cherchez à calmer les choses, vous êtes considéré comme un traître. "

 

 

 




La synagogue sous vidéosurveillance, les enfants raccompagnés en car après l'école : les juifs de Sarcelles craignent de nouvelles agressions.

 

Les deux lieux de culte musulmans sont installés dans des locaux peu fonctionnels, dont une ancienne boîte de nuit.

Le Central Mazone Casher. Dans ce restaurant juif, deux des trois serveurs sont musulmans.

École supérieure de journalisme de Lille | Équipe | Commander

Mai 2002