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Le dessinateur a longtemps cru en la révolution,
mais jamais en Dieu. À 73 ans, il continue de "croquer"
du curé.
Propos recueillis par Natasa Bosnjak
À travers vos dessins, vous avez
notamment critiqué le clergé. Êtes-vous
anticlérical ou profondément athée ?
La religion m'énerve. C'est de l'obscurantisme,
ça rend les gens idiots. La soumission enlève
le libre arbitre et impose des tabous. Je n'ai jamais cru
en Dieu. Ça m'a toujours paru infantile. Mais ce n'est
pas le fait que les gens croient qui m'énerve, c'est
le prosélytisme, cette façon de nous faire partager
des trucs saugrenus. Les curés, les rabbins, les ayatollahs
inculquent des choses fausses aux enfants. La religion devrait
être quelque chose de personnel.
Vous avez écrit, il y a une vingtaine
d'années : " Si un jour j'écris mes mémoires,
je pourrai les intituler "Y'a qu'en Dieu que je n'ai
jamais cru". " En quoi avez-vous cru au cours
de votre vie ?
J'ai cru un peu à tout. Je me suis longtemps
bercé des idées de la révolution. Mais
tous les idéologues m'ont déçu. Je me
suis investi dans des causes perdues. L'anarchie, l'utopie,
le communisme... Je n'y crois plus beaucoup. Je crois l'homme
foncièrement mauvais, il a du mal à contrôler
ses pulsions. Mais je pense qu'on peut quand même améliorer
les choses.
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