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Sur Claire, frère Thomas, père
Arthur et les autres se consacrent à Dieu, loin de
la société.Pourquoi ont-ils choisi ce difficile
"mariage" ? Comment vivent-ils leur foi au jour
le jour ?
Texte Cécile Cazenave et Alexis Delcambre
Photo Alexis Delcambre
La petite porte s'ouvre sur une cellule séparée
en deux par une grille de bois. De l'autre côté,
un verrou tourne. Sur Claire apparaît dans la
lumière filtrée d'une fin de matinée
flamande. Sous l'épais voile de moniale bénédictine,
son sourire illumine la pièce austère.
Depuis quelques mois, sur Claire accueille
celles qui désirent entrer à l'abbaye Notre-Dame
de Wisques, près de Saint-Omer. Elle est leur guide
spirituel. " Mon rôle est d'accompagner celles
qui veulent s'unir au Christ : il faut qu'elles sachent ce
qu'elles ont dans le ventre pour pouvoir se posséder,
se prendre et se donner ", explique la jeune maîtresse
des novices.
Sur Claire écoute les "appelées"
de Dieu, renvoie au monde celles qui ne sont pas prêtes,
ferme la grille derrière celles dont la vocation se
confirme. " Pour être bien au monastère,
il faut être bien dans le monde : on n'entre pas ici
pour être tranquille ! " Avant de revêtir
l'habit, la sur sera postulante, puis novice et enfin
professe temporaire, ultime étape avant la prononciation
des vux perpétuels.
Plusieurs années d'étude et d'apprentissage
de la règle de saint Benoît qui dicte la vie
de la communauté. " Stabilité ", "
obéissance " et " conversion des murs
" : ces trois vux, communs à la plupart
des ordres monastiques, signifient clôture, soumission
à l'Église et ascèse. Ils sont le passage
obligé pour rentrer dans cette vie hors du monde où
" tout se passe dans l'invisible ".
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