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Communautés. Ils ont emporté
leur religion dans leurs bagages. Chinois, Indiens, Maliens...
font vivre leurs croyances à Paris. Identité
préservée. Groupe ressoudé.
Texte Grégoire Pourtier et Florent
Maurin
Photos Cécile Cazenave et Grégoire Pourtier
Air chaud et moite, odeur entêtante.
Dans la salle basse de plafond, plus une table libre. Les
serveurs fourmillent ; soupe pour tout le monde. Juste derrière
la caisse, la cuisine. Le chef a du mal à suivre. Sous
la lumière blafarde, les clients digèrent et
chuchotent. Langue d'ailleurs.
Tapie au fond d'une galerie marchande, une
kyrielle de cantines chinoises. En contrebas, Tang Frères,
le supermarché de l'Asie. Sur le parvis, une enfilade
de magasins en forme de pagodes, fleuris d'idéogrammes.
Cité Les Olympiades, Paris XIIIe, le cur de la
communauté des Chinois de France.
Statuettes ou estampes, Bouddha trône
dans chaque commerce. Cette zone dite du "triangle de
Choisy" est le plus grand quartier asiatique d'Europe.
Plus de vingt mille Chinois, surtout des Teochew. Cette peuplade
à forte tradition migratoire s'est, au fil des siècles,
dispersée dans toute l'Asie. Ceux du Cambodge ont fui
Pol Pot en 1975. Au moins cent mille se sont installés
en France. Voyageurs, marchands, la religion qui les rassemble
est à leur image. Quatre-vingts pour cent de la communauté
du "triangle" est bouddhiste. Observant les préceptes
du " Grand Véhicule ", le Mahâyâna,
prêchant l'universalité du message bouddhique.
Et vénèrant Ts'ai-chen, le dieu de la fortune,
sorte de patron des commerçants.
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