| |
Chez les mormons, vivre pleinement sa foi
passe par la recherche de nouveaux fidèles. Mark et
Matthew ont deux ans pour convaincre.
Texte et photo :Katell Abiven
Matthew et Mark ont le chic discret des étudiants
en école de commerce. En costume sombre, ils arpentent
les rues piétonnes de Lille.
Sourire aux lèvres, ils arrêtent
les passants pressés. Détail révélateur
: la petite plaque épinglée à leur veste.
On y lit, sous leur nom : "Église de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours." En d'autres termes :
mormon. Ils ne sont aujourd'hui que 33 000 en France, mais
leur nombre a triplé en trente ans. Pas à pas,
les mormons s'invitent dans le paysage religieux.
C'est par courrier que Matthew Haight, étudiant
de l'Idaho, a appris un an plus tôt où il allait
passer ses deux prochaines années. Le lieu de sa mission
- Bruxelles et sa région - avait été
choisi par le chef suprême de l'Église, le Prophète,
à Salt Lake City, selon une inspiration divine. L'ouverture
de l'enveloppe fut pour lui un moment inoubliable. Il ne savait
pas situer la Belgique sur une carte. Mais passer deux ans
dans un pays étranger à tenter de convertir
les passants dans la rue, c'était, dit-il, " quelque
chose qui manquait à ma vie ".
À ses côtés, Mark Gardner
affirme avoir " toujours voulu suivre l'exemple
". L'exemple de ses frères, de ses parents et
même de ses grands-parents, tous partis en mission dans
leur jeunesse. Travaillant bénévolement huit
heures par jour, six jours sur sept, Mark et Matthew partagent
un appartement et n'ont ni le droit de regarder la télévision,
ni d'écouter la radio ou de lire les journaux. "
C'est pour les protéger du monde extérieur ",
précise Joël Nivard, responsable de la communication
de l' Église pour la région Nord-Pas de Calais.
" Comme ça, ils restent concentrés sur
leur travail. " Ils ne peuvent appeler leur famille que
deux fois par an. " Ce n'est pas une contrainte ",
assure Mark, souriant.
|
|