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Lieu de halte ou lieu de vie, le temple
des Mille bouddhas étale ses couleurs dans la campagne
bourguignonne. Le plus grand centre bouddhiste d'Europe a
réussi l'alliance zen entre touristes de la spiritualité
et convertis authentiques.
Texte de Grégory Noirot
Photos de Sara Roumette
Au détour d'un pré, l'Asie. L'ailleurs
est là, au cur de la Bourgogne, un samedi après-midi.
Sur la route de Toulon-sur-Arroux, petit bourg de Saône-et-Loire.
Bois sombres, ciel bas, terre de beauté froide, rugueuse.
Des vaches paissent, placides.
Le temple des Mille bouddhas enlumine l'horizon.
La France profonde rencontre l'Orient, choc frontal. Des couleurs
vives percent la grisaille : les murs, jaunes, blancs, appellent
la lumière. Dans ce lieu, on étudie et pratique
le bouddhisme Vajrayana, de la tradition tibétaine.
Calme.
D'innombrables motifs et ornements, bleus,
roses, rouges, bariolent le paysage. " On se croirait
à Disneyland, c'est kitsch ! ", s'exclame un jeune
visiteur, habitué à la lourdeur des églises
occidentales. Pas de pierre massive. Juste l'impression furtive
d'une religion qui ne se prend pas au sérieux. Dans
le parc qui entoure le temple, tout est légèreté.
Les promeneurs bullent, des animaux, chats et paons, se baladent
en liberté. Le bouddhisme respecte toute forme de vie,
humaine ou animale. " Parfois, c'est pénible,
le cri des paons, la trentaine de chats. Il faudrait les donner.
Avis aux acquéreurs ! ", rigole un habitué
des lieux. Des drapeaux multicolores claquent, le long d'immenses
poteaux. Des bannières de prière. Sur le tissu,
on distingue des textes : des extraits de mantras et de textes
sacrés. Les prières s'en vont ainsi, au gré
du vent. Ces banderoles de paysage himalayen transforment
ce coin vallonné de Bourgogne en havre tibétain.
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