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La cité phocéenne revendique
son identité plurielle. Une toile de fond religieuse
qui n'en finit pas de se tisser, malgré les tensions.
Texte Vincent Lamigeon, photos Vincent Lamigeon
et Grégoire Pourtier
La meilleure façon d'arriver à
Marseille, c'est la mer. Ne serait-ce que pour voir l'accueil
que réserve le Vieux-port au migrant ou au touriste
de passage. À bâbord, la cathédrale byzantine
de la Major et l'église des Accoules. À tribord,
les meurtrières et les mâchicoulis de l'abbaye
Saint-Victor. Droit devant, les tours de l'église des
Réformés. Et veillant sur la ville étendue
à ses pieds, la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, la
"Bonne Mère" des Marseillais. Avant même
d'avoir débarqué, le visiteur est entré
en terre de piété.
La religion, ici, s'affiche partout. Au coin
des rues du quartier Belsunce, où des dizaines de statuettes
de la Vierge côtoient les discrètes vitres teintées
des mosquées. Au cou des vieux immigrés italiens
du Panier, dont les chemisettes laissent entrevoir les petites
croix dorées, le dimanche matin avant la messe. Sur
les hauteurs des quartiers Nord, d'où le Bouddha de
la pagode Phap Hoa contemple l'autoroute.
Marseille, c'est 111 quartiers, " 111
villages " disent les habitants, autant de nationalités
et une vingtaine de communautés religieuses qui cohabitent
dans une ville à l'urbanisme anarchique. Tous les ingrédients
d'une explosion sociale, aggravés par un chômage
qui frôle les 40 % dans certains arrondissements. Mais
la cité phocéenne résiste. Jour après
jour, elle tente de renforcer les liens entre ses différentes
communautés religieuses.
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