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Ici, les minuscules mosquées ne peuvent accueillir tous
les fidèles pour la prière du vendredi. Alors on sort des tapis, des couvertures, des
cartons même, et on prie dans la rue, à quelques mètres des chantiers de
réhabilitation des immeubles insalubres. En ironisant sur les beaux discours des chefs
sur la tolérance et le respect entre religions. " Comment voulez-vous que les gens
s'intéressent au dialogue entre les religions s'il n'ont même pas les moyens de vivre
pleinement la leur ? ", s'indigne Mohamed, un habitant du quartier.
Rien d'étonnant dès lors à ce que certains imams s'obstinent à
refuser toute participation à Marseille Espérance, depuis sa création en 1990. Ni à ce
que Soheib Bencheikh, le charismatique et progressiste grand mufti de Marseille, doive
faire face aux réticences d'une partie de sa base quand il prône un dialogue toujours
plus approfondi entre les communautés religieuses.
Mais Marseille garde confiance. En vingt-six siècles d'histoire, elle a
appris à gérer les tensions nées des vagues d'immigration successives.
" Marseille, c'est une grande famille, lâche Geneviève Chapdeville,
journaliste à Radio Dialogue, la radio cuménique de Marseille. Comme toutes les
familles, elle a ses tensions, ses rivalités, ses coups de gueule. Mais comme toutes les
familles, elle sait aussi les surmonter quand il le faut. " |
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