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Dernier symbole du consensus : tout le lycée mange halal
à la cantine, y compris les non-musulmans. Il était plus simple d'adopter cette
préparation rituelle de la viande, que les autres confessions peuvent tolérer.
À travers ces aménagements, Jean-Pierre Lafage défend sa conception de
la laïcité. Une laïcité moderne, plus adaptée à la société. " Je suis un
hussard de la République, mais pas de la IIIe ! La République de Jules Ferry, il ne faut
pas oublier que c'était aussi celle du colonialisme, elle n'avait pas que du bon,
explique-t-il, et aujourd'hui encore, on exclut au nom de la laïcité. Moi, je défends
la République de demain, tolérante et multiculturelle. Faire vivre la laïcité, c'est
permettre à toutes les cultures de s'exprimer. "
Pour que la mosquée ne soit pas l'unique référent culturel et social
des jeunes du quartier, le lycée dispense des cours d'arabe le week-end. Et dans une
volonté d'intégration des habitants du quartier, l'établissement a également embauché
une quarantaine de personnes en difficulté, dont beaucoup de mères d'élèves.
Donner sa place à chaque culture a rendu
possible le dialogue
L'Éducation nationale a d'abord critiqué les initiatives du proviseur.
En 1996, François Bayrou, ministre à l'époque, lance un mot d'ordre sans appel : "
Zéro voile dans les écoles. " Depuis, les temps ont changé et le Conseil d'État a
choisi de laisser les mains libres aux proviseurs sur cette question. À Lavoisier, il n'y
a pas débat, ni chez les élèves ni chez les parents. " Nous, ce qu'on trouverait
choquant, ce serait d'obliger une fille à l'enlever ", expliquent des élèves,
catholiques pour certains. " Et si un nouveau proviseur arrive et veut changer ça,
on lui souhaite bonne chance ! "
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