Sarcelles : juifs et musulmans
Foi des exclus
Islam en banlieue
Communau-
tarisme religieux
Isolement et vie cloîtrée
Missionnaires mormons
Centre bouddhiste
Aix,
ville ésotérique
Dieu et les Tziganes
Église catholique à l'épreuve
Cohabitation et tolérance
Trois familles, trois religions
Femmes de foi
Kery James, rappeur converti
Siné, dessinateur athée
Fidèle de
l'Opus Dei
Anciens adeptes de sectes
Paysage spirituel d'aujourd'hui
Retour du religieux
Jeunes face au dogme
Livres sacrés
Piliers des religions
Tendance et statistiques
Calendrier des fêtes religieuses

 

 


Bernard et Agris font quarante kilomètres par jour et voyagent avec leur tente et leur duvet sur le dos. " On essaie de ne pas penser aux pieds, car ils font forcément mal au bout d'un moment ", dit Bernard en souriant. " On est près de la nature donc près de Dieu, mais ce n'est pas ça qui nous fait avancer. Il s'agit plutôt d'une démarche spirituelle, au sens large. On revient un peu sur son passé, sur des choses qu'on avait oubliées et on fait le compte. C'est peut-être un nouveau départ. "

À la sortie de Saint-Jean, la route monte vers le col d'Ibañeta. Le moindre hameau abrite une église, une croix, une vieille pierre. Le pèlerin marche sur les traces de millions de prédécesseurs, depuis Mgr Godescale, évêque du Puy-en-Velay, en l'an de grâce 951. " Je pensais connaître la France, mais je ne connaissais rien ", poursuit Bernard. " Tout change sous nos yeux petit à petit, le relief, les paysages, les gens. On traverse des endroits magnifiques. Il y a quelques jours, je suis entré dans l'abbatiale de Conques, dans l'Aveyron. Je suis resté assis plusieurs minutes, la bouche ouverte. "

Le col, huit heures de marche

En haut du col, un brouillard épais recouvre la petite église de San Salvador. Les pèlerins surgissent de la brume et du crachin, courbés sous leur sac à dos. Derrière l'église, des croix en bois ont été plantées sur un monticule de terre. Quelques mètres plus loin s'élève la pierre de Roland, puis le chemin descend vers le hameau de Roncevaux.

Patrice, 50 ans, est moine trappiste au Mont des Cats, près de Lille. Frère itinérant, il a déjà fait le trajet Vézelay-Saint-Jacques. Quatre mille kilomètres aller-retour. Il voyage sans argent. " Je suis la voie de Jésus, comme au Moyen âge ! ", lance-t-il. " C'est une grande expérience. Sur le chemin, j'apporte ma foi et l'Évangile. J'éprouve un grand sentiment de joie. "

André, catholique " pas pratiquant ", fait lui aussi son deuxième pèlerinage. " Vraiment spirituel la première fois. Plus "rando" cette année ", précise-t-il. L'an dernier, il est parti de Bretagne sur un coup de tête. " C'était un retour à la foi, je faisais les messes et les églises. Mon père est mort il y a deux ans, je n'étais pas bien, et grâce au pèlerinage, je me suis retrouvé. De Saint-Jacques, je suis parti à pied dans le Lot pour voir ma nièce. Je me suis installé chez elle à la ferme pour l'aider. J'ai retrouvé une famille. "

 




 

Marie-Ève, une Canadienne de 21 ans, veut faire de ce parcours un moment de réflexion personnelle.

 

 

Le temps d'un petit déjeuner, une Américaine, un Irlandais et une Allemande se racontent. Peut-être feront-ils un bout de chemin ensemble.

 

 

 

Frère Patrice suit les traces des premiers pèlerins, pour apporter la parole du Christ.

École supérieure de journalisme de Lille | Équipe | Commander

Mai 2002