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Comme chaque jeudi, six cents personnes convergent vers le chœur pour " prier en faveur de ceux qui souffrent ". Faute de place, les fidèles restent debout ou s'assoient par terre. Des yeux se ferment, des bras se lèvent, des murmures fusent : " Gloire à Toi ! Merci Seigneur ! " Des membres de la communauté prononcent quelques prophéties : " Il y a dans l'assemblée une dame de 45 ans environ, atteinte d'un cancer du colon. Le Seigneur lui dit qu'elle va bientôt se rétablir... "

À la fin de la célébration, des battements de mains rythment les chants de louange. " J'aime faire la fête, et c'est ici que je trouve mon compte, malgré tous mes soucis ", explique Catherine, un verre de jus d'orange à la main. Cette jeune catholique de Montreuil n'allait plus qu'à reculons dans les églises. " Depuis que j'ai découvert le Renouveau, dit-elle, je retourne avec plaisir à la messe, une fois par semaine ici, et tous les jours dans ma paroisse. "

Saint-Nicolas draine une population bigarrée. SDF et étudiants côtoient cadres supérieurs, retraités du quartier et banlieusards. Les confessions se succèdent, les corbeilles d'intentions de prière sont pleines au pied des statues de Notre-Dame de Lourdes et Sainte-Rita, des dizaines de personnes sont en adoration devant le Saint-Sacrement, certains se recueillent sur des coussins disposés dans les chapelles.

Près de l'entrée, un stand propose des livres religieux, des cassettes de témoignages ou de chants, soigneusement commentés par quelques femmes, parmi lesquelles Ninette, une Guadeloupéenne qui a découvert Saint-Nicolas récemment : " Même aux Antilles, la messe est triste, l'église est déserte. Ici, je me sens chez moi. C'est un lieu de vie fraternelle, où l'on est heureux d'être chrétien. " Tout près, Annette acquiesce. Comme beaucoup, elle a connu le Renouveau lors d'un grand rassemblement d'été à Paray-le-Monial, en Bourgogne, centre névralgique de l'Emmanuel. " J'ai vu des miracles, senti la puissance de la prière, rencontré Dieu en personne. "

Sabine, petite femme sèche et paroissienne depuis vingt-deux ans, se réjouit de la présence des charismatiques : " Ils m'agaçaient avec leurs gesticulations, puis je me suis rendu compte des bienfaits qu'ils apportaient, raconte-t-elle d'un air soulagé. Avant, la paroisse se vidait. Aujourd'hui, quel changement ! Leur foi soulève des montagnes ! " Il y a dix ans, quelques-uns ont quitté la paroisse, dérangés par cette spiritualité démonstrative, mais de nouveaux fidèles accourent par centaines de toute l'Île-de-France, bousculant les habitudes établies.

 




Éclats de rire, battements de mains au rythme des louanges, les paroissiens s'exaltent.

À la fin de la cérémonie, des cassettes et des livres religieux sont vendus aux fidèles.


Les charismatiques
en France


Nés spontanément dès 1970, les groupes de prière existent dans la plupart des diocèses. On estime à 30 000 le nombre de participants. Le Renouveau compte une quarantaine de communautés, dont les plus importantes sont l'Emmanuel, les Béatitudes, et le Chemin-Neuf. Une équipe de coordination nationale, Fraternité Pentecôte, regroupe les " bergers " (responsables de groupe).

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Mai 2002