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David Nomanyath compte parmi les quelque trois
cents prêtres étudiants étrangers qui
séjournent dans les villes dotées d'une faculté
de théologie réputée, comme Paris, Toulouse,
Lille ou Strasbourg. " Au total, entre 700 et 800 prêtres
étrangers se sont installés en France ",
estime le père Emmanuel Lafont, président de
la commission épiscopale de la Mission universelle
de l'Église. Il précise : " Ils ne sont
pas venus pour les mêmes raisons, et tous n'ont pas
le même statut. "
" On a besoin de leur vivacité
et de leur dynamisme ", reconnaît le prêtre.
D'origine asiatique ou africaine pour la plupart, ces nouveaux
serviteurs de Dieu, annoncent la Bonne Nouvelle aux six coins
de l'Hexagone. " C'est une bonne chose que l'on puisse
trouver quelqu'un pour assurer ces fonctions, mais l'emploi
de ces ministres du culte étrangers s'avère
souvent précaire ", s'inquiète Michèle,
une paroissienne de 82 ans. " J'ai l'impression que l'Église
refuse de faire face à la réalité. Au
lieu de se débrouiller par ses propres moyens, elle
fait travailler des prêtres d'autres pays, soixante
heures par semaine, et les paie au Smic. " Comment composer
avec un dogme contraignant et deux mille ans de traditions
? Manque d'effectifs, interlocuteurs inadéquats, etc.
Confrontés aux murs modernes, les prêtres
se sentent souvent désarçonnés.
Les laïcs, nouveau vivier
des diocèses
L'Église fait donc appel
à des laïcs, les diacres, depuis les travaux du
concile Vatican II en 1964. Situés juste en dessous
des prêtres dans la hiérarchie ecclésiastique,
les diacres prennent en charge la liturgie et le denier du
culte. Collaborateurs occasionnels, " ils ont souvent
une vie professionnelle mais assurent par ailleurs une présence
dans la vie de la communauté, surtout dans les milieux
les plus démunis. Une richesse pour l'Église
", estime Jacques Anelli, prêtre coordinateur du
service national des vocations. Plus en phase avec les fidèles,
ils peuvent contribuer au rapprochement de l'Église
et des non-pratiquants. " Je peux parler du mariage,
des problèmes de couple... Des sujets sur lesquels
les prêtres ne sont pas toujours les plus compétents ",
témoigne Philippe Aubert, retraité et diacre
en Saône-et-Loire.
Des chrétiens qui désertent,
d'autres qui se cramponnent. Pour casser leur image de communauté
sclérosée, les laïcs investissent le terrain.
Comme Marie-Caroline de Marliave, ancienne employée
de Paribas, à la tête de la communication de
l'Église de France depuis avril. Les laïcs se
voient même attribuer des missions traditionnellement
assurées par le clergé, telles que l'animation
des messes et des cérémonies.
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