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Les "dames caté"
n'ont aucun compte à rendre. "Mon curé
ne sait même pas combien d'enfants vont au catéchisme
dans sa paroisse, encore moins le nom du manuel ", soupire
Monique Delorme. Dès lors, chacun fait sa petite cuisine
et choisit d'aborder ou pas des questions jusqu'alors taboues.
" On est obligé de parler de sexualité,
d'amour, des autres confessions ", affirme Servane Bedel.
Sans vraiment être à l'aise avec ce genre de
sujets, Monique " ne refuse jamais d'écouter et
de répondre à un enfant ". Une modernisation
très aléatoire, donc. " La religion évolue
gentiment... très gentiment ", admet Servane.
La modernisation de l'Église passe
par les nouvelles technologies
Au-delà des adaptations,
l'institution investit également de nouveaux terrains.
L'Église a vu en l'Internet un bon moyen de se faire
connaître, sous un jour nouveau. L'Église Sainte-Marie-Madeleine,
à Lille, s'est transformée pour accueillir l'exposition
virtuelle, Les fils d'Abraham. Un clic, et l'on se retrouve
au cur du Temple de Jérusalem. Ici, des photos
de juifs devant le Mur des lamentations. Là, une animation
sur l'Esplanade des mosquées. Pour finir, un quiz sur
la Ville sainte. Bandes dessinées, vidéos et
ordinateurs proposant des animations interactives complètent
le décor.
Cette mise en scène de
l'aventure biblique. se veut cuménique, pédagogique
et ludique, autour de " héros de la foi "
: Abraham, Thérèse d'Avila, Martin Luther King.
Avec son association La cité de
l'Évangile, qui regroupe catholiques et protestants,
l'initiateur de l'opération, le père Gonzague
Cuvelier, tente de sensibiliser le grand public à la
culture religieuse. Féru de technologie depuis une
trentaine d'années, le religieux en a fait son "métier".
Aujourd'hui, à la tête de Cap image, le service
audiovisuel du diocèse de Lille, il ne fait "
pas de sermons le dimanche, mais des films et des cédéroms
en semaine car il y a plein de façons d'annoncer l'Évangile.
" Gonzague Cuvelier souhaite avant tout " faire
découvrir le christianisme ".
Son seul regret ? Celui de ne
pas voir son travail davantage soutenu et relayé. "
La communication de chaque diocèse est autonome ",
indique Jacques Carton, au service information et communication
de la Conférence des évêques de France.
L'Église préfère un " marketing
de proximité ". Pourtant quand elle ose se lancer
dans de grandes campagnes publicitaires comme celle qu'elle
avait réalisée pour annoncer les Journées
mondiales de la jeunesse en 1997, le message passe. Près
d'un million de personnes avaient participé aux JMJ
à Paris. L'Église en quête d'un nouveau
souffle saura-t-elle s'appuyer sur ces forces vives capables
de mobilisation spontanée ? |
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