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À Lille, un prêtre ouvrier
célèbre chez lui un office pour les exclus.
Chaque mercredi, SDF, chômeurs ou ex-détenus
viennent se confier et chercher des forces. Croyants ou non.
Texte: Sophie Westendorp. Photos: Alban
Lécuyer
Des fleurs et du pain fait maison. Ici, la
messe est d'abord une fête, un repas pris entre amis.
Avec Dieu au milieu d'eux, parfois, pour ceux qui y croient.
Didier n'est pas de ceux-là. Il a 40 ans, dont vingt
passés dans la rue et pas mal en prison. C'est là
qu'il a connu le père Maillard. Depuis, sa petite maison
rue de Wattignies, à Lille, est le seul repère,
la seule adresse de Didier. Il ne manque jamais le rendez-vous
du mercredi soir.
Pas d'église ici, seulement une petite
pièce transformée en chapelle à l'arrière
de la maison délabrée du quartier de Moulins.
Et un prêtre ouvrier qui se bat pied à pied contre
l'exclusion. Sa petite silhouette aux cheveux blancs se balade
doucement de l'un à l'autre, avant de donner le coup
d'envoi de la cérémonie. Ils sont une cinquantaine,
assis sur les bancs en bois, se serrent, rigolent un peu.
Essayent d'oublier un moment tous les problèmes qu'ils
portent dans leurs yeux.
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