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Elle livre mille batailles pour une seule
cause : la dignité.
Texte et photo Vincent Michelon
Corinne Akli loge, écrit, prêche
et se nourrit dans les locaux discrets du Foyer protestant,
planté entre deux immeubles d'un quartier populaire
d'Aubervilliers. Des documents s'amoncellent sur son bureau.
Décontractée, cheveux bruns relâchés,
souriante, un brin ironique, la pasteure n'a rien d'austère.
Prompte à parler d'elle-même, s'exprimant simplement,
elle a un petit air de leader syndical. À la fois pasteure,
présidente d'associations, dont un club de lutte contre
la violence qui regroupe quinze éducateurs de rue,
prédicatrice sur France Culture, secrétaire
nationale du Secours populaire, Corinne Akli est une "
militante ".
Son salaire s'élève à
850 euros par mois, et ne tient bien sûr pas compte
de ses trente heures hebdomadaires de bénévolat.
" C'est bien assez. Quand je vois le peu que peuvent
donner les fidèles, j'ai honte. J'ai l'impression de
les racketter. " Toujours célibataire, elle avoue
qu'elle pourrait " tout quitter " si elle rencontrait
l'âme sur. Son itinéraire est celui d'une
écorchée. " Je suis très marginale
", explique-t-elle.
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