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Le discours du recteur de la mosquée, très
écouté il y a deux ans, après la mort
d'un habitant du quartier, peine à répondre
aux préoccupations quotidiennes des jeunes.
Textes et photo par Alban Lécuyer
Minuit et demi, quartier de Lille Sud, une
nuit d'avril 2000. Riad Hamlaoui, 24 ans, non armé
et inconnu des services de police, est abattu par un policier
d'une balle dans la nuque, à moins de deux mètres
de distance. La colère se répand dans le quartier,
les amis du jeune homme réclament justice. Mais ni
la police, ni les professeurs, ni les parents ne trouvent
les mots pour éteindre les incendies de véhicules.
Il n'existe plus qu'un seul rempart avant l'explosion
: le recteur de la mosquée, Amar Lasfar, et ses discours
apaisants. " Quand la violence est engagée, la
raison est en panne ", lancera-t-il devant des centaines
de jeunes pourtant bien décidés à venger
la mort de leur camarade.
Un samedi comme les autres, deux ans après.
Le volcan s'est éteint, mais de vieilles rancurs
sommeillent toujours. Il est midi passé, il fait beau,
et quelques gamins descendent en criant dans les jardins collectifs,
au milieu des blocs roses et beiges. Un ballon de foot s'envole
jusqu'aux fenêtres du quatrième étage,
retombe à la verticale. Rires.
Sur le trottoir, trois hommes discutent, accoudés
à une vieille bagnole. Ahmed Bendissa est père
de famille. Profession ? " BTS bâtiment ".
" Il est au chômage ", traduit Ali, la trentaine,
également sans-emploi malgré un diplôme
d'ingénieur. Mohamed Achachi, son beau-frère,
raconte en riant qu'il a aussi perdu son job, en 1985. "
Si si, sur la tête de la mosquée. Vous voulez
mes papiers pour vérifier ? "
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