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De plus en plus de jeunes prennent des libertés
avec leur pratique. La spiritualité, oui. Les interdits,
non merci.
Texte : Chloé Leprince. Photo : Grégoire
Pourtier.
À quand le Notre-Père samplé
sur fond de breakbeats ? Pour le groupe de rock lensois Nannup,
le pari est iconoclaste, mais pas hérétique.
Fils de pasteur, Philippe et Stéphane Delalande ont
toujours manié guitares et batterie dans le temple
paternel. Adultes, ils ont continué à marier
les deux univers. Histoire de dépoussiérer les
chapelles et décrasser quelques idées reçues.
Montrer que la musique, ce n'est pas seulement " sex,
drugs and rock'n roll ".
Seuls 7 % des jeunes catholiques vont à
la messe. Chez les moins de 30 ans, les musulmans et les juifs
sont à peine plus nombreux à fréquenter
mosquées et synagogues. Message dépassé,
image racornie : la pratique religieuse apparaît anachronique
aux moins de 25 ans. Dieu est-il périmé ? Pas
si sûr. Les institutions religieuses ne font plus le
plein mais la spiritualité résiste. Aujourd'hui,
les Églises n'ont plus le monopole des valeurs. De
plus en plus de jeunes vivent leur religion comme un héritage,
pas comme un devoir. Ils rejettent le dogmatisme, pas la quête
de sens. Conservent la spiritualité mais s'affranchissent
des interdits. Aux Journées mondiales de la jeunesse
(JMJ), à Paris, en 1997, des dizaines de préservatifs
avaient été retrouvés sur le stade où
campaient les participants. Scandale ?
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