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Le poids des préceptes n'est pas le
même dans les trois religions monothéistes
Pour Miradji, musulmane, le mariage avec un homme de la même confession
était une évidence. D'origine comorienne, cette Marseillaise de 25 ans a épousé un
musulman italien. " Avant, quand je rencontrais des garçons, je les prévenais que
ce ne serait pas possible si nous ne partagions pas l'islam. Celui-là, je l'aimais trop.
Ça m'aurait vraiment fait mal de le quitter. Il faut être de la même religion car, dans
l'islam, ton mari est responsable de toi. "
La religion relève de la sphère privée. " Je mets rarement le
voile quand je suis en France. Parfois, le week-end, ou quand je rends visite à ma
famille, parce que j'en ai envie. Pas pour aller faire des courses ou travailler. Par
respect pour les Français qui ne sont pas musulmans. " Elle suit scrupuleusement les
autres enseignements de l'islam. Ni alcool ni cigarettes : " On n'est pas musulman en
théorie mais en pratique. " Pourtant, les cinq prières quotidiennes sont
réservées au week-end : " Ce n'est pas très pratique quand on travaille. "
Loin des bancs de messe, des synagogues ou des mosquées, les moins de
trente ans composent sans cesse avec la tradition. Afin de mieux vivre leur foi, en dehors
des institutions, souvent jugées archaïques. À Marseille, l'Union des étudiants juifs
de France (UEJF) a rendez-vous chaque mercredi soir. Tous ne sont pas religieux, loin s'en
faut. " Même si on mange kasher, c'est surtout un repère culturel. Chacun fait ce
qu'il veut de sa religion dans sa vie. Ici, on vient pour se retrouver ", explique
Éric, qui préside l'UEJF dans le Sud-Est.
Sortir la paroisse de son carcan, c'est le pari de Pierre Castaner, un
ancien aumônier de lycée. Il a ouvert un café associatif, il y a dix ans. À deux pas
du Vieux-Port, Le Courant D'Air, avec son espace de prière, se veut ouvert aux mélanges.
Brassage des générations et des religions. Un soir par mois, une trentaine de personnes
viennent " causer spiritualité ". Pierre salue chaleureusement son petit monde,
distribue des photocopies d'un passage de la Bible. Le débat s'engage. Jazz manouche dans
les haut-parleurs, tutoiement de rigueur et alcool autorisé.
" On se sent beaucoup plus libre dans un lieu comme celui-ci. ça
reste très abordable, moins coincé qu'à la messe ", explique Matthieu, qui a
découvert l'endroit il y a un an. Spaghettis pour tout le monde après le "café
théo". Rendez-vous dans un mois pour une lettre de saint Paul aux Corinthiens.
Après s'être recueilli quelques minutes, un habitué sort de l'oratoire en embrassant
langoureusement sa copine. |
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