| |
Ancien adepte d'une musique radicale et
violente, il a trouvé la sérénité
dans l'islam. Ses chansons adressent un message de tolérance.
Texte : Florent Maurin. Photo : Grégoire
Pourtier
"J'reviens de tellement loin que j'avoue,
parfois j'en pleure. " Le style est direct, sans fioritures,
intimiste. Aux antipodes du discours habituel des rappeurs.
À l'opposé de ce que l'on avait déjà
entendu de Kery James.
En 1998, Kery James sort, avec Ideal J, son
groupe d'alors, un album dans le courant du "rap des
ghettos". C'est Le combat continue, une ode à
l'argent facile et à la rébellion contre l'État,
stigmatisé comme responsable de l'asservissement des
banlieues. Jusqu'au-boutiste. À l'époque, Kery
James évoque déjà Dieu dans ses textes.
" J'étais persuadé d'être musulman
: je rendais gloire à Allah, je faisais le Ramadan.
" La voix posée, le regard droit, le croyant d'aujourd'hui
se rappelle l'ignorance qui a assombri sa jeunesse.
Arrivé en France à 7 ans, Kery
James passetoute son enfance dans une cité de la banlieue
parisienne. " Un endroit où la foi islamique était
omniprésente. Tous mes amis étaient musulmans,
ça avait quelque chose d'attirant. " Rapidement,
il se laisse entraîner par la rue. Il pratique un islam
arrangé, respecte les symboles de la religion mais
pas ses principes de générosité, d'altruisme
et de connaissance. Son attitude provocante cristallise de
plus en plus de violence autour de lui et de son collectif
de rappeurs, la "Mafia africaine".
|
|