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La tradition ne fait plus vibrer. Pourtant,
fêtes et événements religieux mobilisent
toujours. Derrière,un besoin urgent de spiritualitéet
de pratiques plus libres.
Texte Christine Monin - Photo Sara Roumette
Dieu ? Delphine n'y croit plus. " J'ai
eu largement ma dose quand j'étais petite. "
Soir de préparation au baptême à la paroisse
de Vincennes. Une quinzaine de parents sont installés
autour d'une table. " J'aimerais que vous nous racontiez
ce qui vous conduit à faire baptiser votre enfant ",
demande Marc, animateur de la soirée. Silence de plomb.
Les têtes se baissent. Delphine, petite femme au regard
vif, la trentaine rayonnante, prend la parole, sans hésiter
: " J'ai perdu le contact avec Dieu. Je me suis
mariée à l'Église. Je ne sais plus bien
pourquoi. Je ne voulais pas faire baptiser mon premier enfant.
Ma belle-famille m'y a contrainte. Aujourd'hui, je ne le regrette
pas.Alors pourquoi le refuser à mon deuxième
enfant ? " Sur sa lancée, Delphine poursuit,
sans langue de bois : " Je n'ai pas la foi mais
un attachement philosophique à la religion. Elle est
porteuse de valeurs importantes que je veux transmettre à
mon enfant. Après, il choisira. " Hochements
de tête entendus de l'auditoire.
La religion est devenue pour beaucoup un système
de valeurs avant d'être un acte de foi. Près
de 70 % des Français sont catholiques, mais seuls 8
% sont des pratiquants réguliers. Chez les musulmans,
(selon un sondage Ifop, paru en 2001), seuls 36 % se déclarent
pratiquants. Si l'attachement à la tradition demeure,
c'est parce qu'il s'accompagne d'une grande liberté
dans l'interprétation des rites et la pratique de la
foi. Désormais, chacun fait sa religion à la
carte.
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