Sarcelles : juifs et musulmans
Foi des exclus
Islam en banlieue
Communau-
tarisme religieux
Isolement et vie cloîtrée
Missionnaires mormons
Centre bouddhiste
Aix,
ville ésotérique
Pèlerinage à Compostelle
Dieu et les Tziganes
Église catholique à l'épreuve
Cohabitation et tolérance
Trois familles, trois religions
Femmes de foi
Kery James, rappeur converti
Siné, dessinateur athée
Fidèle de
l'Opus Dei
Anciens adeptes de sectes
Paysage spirituel d'aujourd'hui
Jeunes face au dogme
Livres sacrés
Piliers des religions
Tendance et statistiques
Calendrier des fêtes religieuses

 

 


 

Karima, musulmane de 32 ans avoue sans hésiter qu'elle ne fait pas ses cinq prières dans la journée. Faute de temps, faute de lieu adéquat. " Il faut évoluer avec la société, le texte reste cantonné au passé. Mais je prie dans mon cœur, tout le temps. Je demande à Dieu de protéger ma maison et mon fils. Psychologiquement, ça fait du bien. " L'islam, elle le considère surtout comme un moyen de se faciliter la vie. " Dès que ça devient compliqué, je supprime. " Elle mange halal quand elle en a la possibilité. Seuls interdits qu'elle s'impose : l'alcool, qui " empêche de prier en pleine conscience " et le porc, pour des raisons d'hygiène. Une pratique minimum, mais à laquelle elle tient absolument.

Karima aime aussi visiter les églises. " Là où il y a la parole de Dieu, c'est sacré. J'allume une bougie, je fais un vœu. L'important c'est Dieu, je respecte chaque religion, mais je suis née musulmane et c'est cette foi que je veux transmettre à mon fils. "

La liberté est également essentielle pour Frédéric et Estelle Demeyer. Ils se sont mariés à l'église Notre-Dame de Vincennes le 1er juin dernier. Un choix guidé au départ par des considérations esthétiques et un désir de perpétuer la tradition familiale. Frédéric, 28 ans, d'éducation catholique mais pratiquant dilettante raconte dans un sourire : " Quand on a rencontré le curé, il nous a dit : "Vous êtes un couple à risque pour l'Église, il va falloir vous recadrer, sinon on n'a aucune garantie que vous élèverez vos enfants dans la foi." "

Les deux fiancés ont alors rejoint un groupe de chrétiens. Des rencontres régulières avec d'autres couples catholiques pour discuter et lier connaissance. Une manière d'intégrer en douceur un réseau de croyants. Frédéric et Estelle ont désormais une image plus moderne de l'Église. Moins réfractaire à l'idée d'aller à la messe, Frédéric en apprécie l'aspect " convivial et communautaire ". Agnostique, Estelle aimerait découvrir un peu plus cette religion dont elle ignore encore les codes. La clé de cette réussite : l'ouverture et la capacité d'accueil de leur paroisse. La possibilité pour chacun de rester libre de ses choix. " Si on m'avait imposé quelque chose, là, j'aurais reculé, j'aurais dit non ", explique la jeune femme.

La religion n'est plus vécue comme un système global et contraignant, mais certains rendez-vous restent impératifs. À Noël, Pâques ou aux Rameaux, les églises font messe comble, mêlant pratiquants et non pratiquants. Il est presque inenvisageable pour un juif de ne pas faire Kippour. Idem pour les musulmans avec le Ramadan. Karima explique avec ferveur : " Faire le Ramadan c'est comme ne pas toucher à la drogue. C'est un impératif. " Au Café De La Danse, à Paris, Loïk Barouk, est l'initiateur des Belles nuits du Ramadan. Une manifestation dont le succès illustre le retour du religieux culturel. " Ce n'est pas la religion qui est mise en avant, mais le côté festif de l'événement. La rupture du jeûne est un prétexte à la fête. " Au programme : concerts, pâtisseries orientales, thé à la menthe et marché aux épices. Le public des Nuits est pluriel : " Un tiers de communautaires, un tiers d'intellos, un tiers de branchés." Les rassemblements religieux permettent de faire le point, de rencontrer d'autres croyants






Sur la route, toute la sainte journée


Au bout du chemin, Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins venus de partout se rejoignent à Saint-Jean-Pied-de-Port. De là, ils parcourent ensemble dansles Pyrénées l'ultime étape française qui les mènejusqu'à Roncevaux. Dans la brume et le crachin. Entre quête spirituelle et balade culturelle.

(Lire l'article)

École supérieure de journalisme de Lille | Équipe | Commander

Mai 2002